Quand le contrôleur fume les usagers toussent et le train prend du retard

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Voyageons-sans-fuméeChaque jour, gare de Lyon, je vois des agents de la SNCF ou des policiers, rappeler avec plus ou moins d’insistance à des usagers que fumer est interdit partout dans la gare y compris sur les quais. Dans les trains cela fait longtemps que cette interdiction est en place… Pas pour tout le monde visiblement…

Un TER, reliant Nice à Menton (Alpes-Maritimes), est resté bloqué plus d’une heure en gare de Cap d’Ail après une altercation entre des passagers et une contrôleuse surprise en train de fumer dans son compartiment.

Selon le journel Nice-Matin, qui a révélé l’affaire : «Un passager a fait remarquer à la contrôleuse qu’elle devait arrêter de fumer. Elle a alors rétorqué que ce wagon était son bureau de travail et qu’elle y faisait ce qu’elle voulait».

Selon la SNCF, «le conducteur a déclenché la procédure d’alerte utilisée quand un contrôleur ne se sent plus en sécurité et refuse de repartir», immobilisant le train régional après «une altercation verbale entre des clients et la contrôleuse».

Un cessez-le -feu aurait finalement été signé et choses seraient rentrées dans l’ordre «au bout d’une heure de palabres» et «l’intervention des gendarmes».

Votre billet, c’est un vrais ?

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controleur-SNCFBonjour,  dit le contrôleur à un couple de jeunes asiatiques au moment de contrôler leurs billets. Le ton est jovial. Il entame la vérification. Une fois, deux fois , trois fois, sans résultat.

Il affecte un ton soupçonneux. Vous êtes sûr que c’est un vrais. Ce n’est pas une contrefaçon ? ajoute-t-il en ponctuant son interrogation, d’un clin d’œil malicieux.42133_97465157_cool_H162605_L

Pourquoi vous dites-ça ? demande le jeune homme très agacé.

Je plaisantais, monsieur. C’est ma machine qui ne fonctionne pas correctement. .

Je ne trouve pas cela drôle.

Sa compagne ajoute :  Pourquoi choisissez-vous le seul usager  d’origine chinoise pour lui demander si son billet n’est pas une contre-façon. C’est du racisme monsieur.

Le contrôleur, ravale sa salive, décomposé.

Je plaisantais. Je m’excuse si je vous ai froissé. Bon voyage monsieur et bon voyage madame.

« Les resquilleurs n’ont pas de tête particulière madame « 

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controleur-SNCFDeux contrôleurs, un homme et une femme, font irruption dans le compartiment dont la  porte s’ouvre avec fracas, tirant certains passagers de leur torpeur matinale.

 » Mesdames et messieurs bonjour, contrôle des titres de transport » crie l’homme à moustache avec une grosse voix. S’en suit une suite silences ponctués de merci, bonne journée, et merci bon voyage….

L’homme arrive à la hauteur de la femme dernière moi. La cinquantaine, sportive, bronzée, cheveux gris coupés au carré.

Puis-voir votre carte de réduction?

Je ne l’ai pas avec moi comme je l’ai expliqué à votre collègue sur le quai. Il m’a dit que cela n,’était pas grave.

Comment ça pas grave ? dit le contrôleur en haussant le ton. Et je fais comment pour vérifier que vous avez bien droit à 50 % de réduction ?

Votre collègue…

Arrêtez de dire mon collègue. Je suis contrôleur. Le gugus  sur le quai  est au mieux agent de quai, au pire saisonnier, vacataire ou stagiaire… Il vous a raconté n’importe quoi. Et c’est vous qui allez trinquer…

Mais bon sang de bon soir, balbutie la dame, ais-je la tête d’une resquilleuse?

Les resquilleurs n’ont pas de tête particulière madame. Je suis obligé de vous verbaliser madame, dit-il en ajustant sa casquette.

Des journalistes y en a des bons et beaucoup de mauvais

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pressenationaleMais c’est notre journaliste !

Je tourne la tête en pensant, mais c’est mon syndicaliste.

Comment va ?

Très bien !

Ça faisait longtemps ?

Effectivement voilà des semaines que je n’ai pas croisé cet usager dijonnais. Il prend place en face de moi tout sourire.

Il me propose un café. J’accepte. Il revient quelques minutes plus tard avec deux tasses fumantes et deux chocolats. Je lui laisse ma part.

Tu bosses pour La Croix si ma mémoire est bonne ?

Oui

Vous devez être content ?

Pourquoi ? A sept heures du matin, je n’ai aucune idée de quoi il parle.

Vous êtes le seul quotidien à progresser en termes de diffusion. Je n’ai aucun mérite, j’ai lu l’enquête dans « Libé ». Il me regarde avec un air entendu…

Comment tu expliques cela ?003

Je hausse les épaules.

Je suis certain que c’est à cause de votre côté militant bon enfant. Et surtout, avec la crise, le monde qui se casse la gueule, de plus en plus de gens se tournent vers Dieu, les valeurs traditionnelles… Il rit.

Je ne sais pas quoi répondre d’autant qu’il parle si fort que d’autres usagers commencent à nous regarder avec intérêt.

Il est à combien ton canard ?

Plus de 80 000…

Non, ça je savais déjà. Si ma mémoire est bonne, la diffusion payée a même dépassé 97 700 exemplaires en janvier 2014. Non je te demandais le prix…

Je ne sais pas quoi répondre de peur de dire une bêtise.

Tu ne connais pas le prix de ton journal ?

Je n’ai pas le temps de me défendre qu’un usager répond d’une voix rauque et caverneuse :

C’est normal les journalistes y z’ont la presse gratos.

L’homme parle très fort. Ses habits empestent le tabac froid.

Y savent rien de rien sur la vie qu’on mène. Moi, je lis plus la presse depuis des années. Je ne connais pas votre journal, y en a des bons et beaucoup de mauvais, mais globalement, les journalistes c’est tous les mêmes, connivences, langue de bois et compagnie…

Il s’installe avec nous et se lance dans une diarrhée verbale sur le registre tous pourris tous vendus. Même le contrôleur  a du mal a interrompre le flot de paroles, se faisant même prendre à témoin sur la décadence de notre pays où de plus en plus de gens (toujours les mêmes précise-t-il) voyagent sans billet.

Monsieur, vous n’êtes pas dans le bon train lui précise le contrôleur en lui montrant son billet.

Comment ça ? Il ne va pas à Paris ce train ?

Si. Mais pas votre billet. Vous étiez censé descendre à Dijon. Je suis désolé mais je dois vous verbaliser. Avez-vous un moyen de paiement et une pièce d’identité ?

Un autre café ? me propose mon voisin en regardant notre spécialiste de la presse s’éloigner avec le contrôleur en râlant sur le prix exorbitant des billets de TGV….

Volontiers et cette fois je prendrai le petit chocolat.

La Croix c’est 1 ,50 € m’annonce-t-il en reposant son téléphone.

Avec la SNCF, voyagez, vibrez

 

Du blanc pour compenser, du rosé pour déstresser, de la gnôle pour digérer

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salon-agriculture-2010J’aurais dû me méfier. Lorsque de nombreuses places restent vides entre Belfort et Dijon, c’est qu’elles ont été réservées.

Effectivement, à Dijon, elles sont prises d’assaut par une joyeuse et bruyante équipe en route pour le Salon de  l’Agriculture. Des agriculteurs.

De solides gaillards et quelques femmes de différentes générations, investissent l’espace dans la joie et la bonne humeur ponctuant chacun de leurs commentaires d’éclats de rires tonitruants.

Je monte le son de mon baladeur sur lequel j’écoute la Symphonie du Nouveau monde de Dvořák.

– Alors Jean-Pierre, ou qu’tu crèche ?

Je monte encore le son.

– Place 16 , répond une grosse voix.

Je suis au maximum.

– Tu es avec nous, crient en cœur une dizaine de personnes.

A peine installés, dans un brouhaha indescriptible, les uns, les unes et les autres, commencent à déballer du blanc, du rouge, du rosé, du fromage, du pain, du pâté et encore du blanc… qu’ils disposent sur petite caisse  aux couleurs du drapeau national.  Les opinels sortent des poches, le tire-bouchon entre en action.

– Eh Jean-Pierre,  c’est tout ce que t’as comme rouge ?  (Rires)

– T’inquiète, j’ai du blanc pour compenser, du rosé pour déstresser et de la gnôle pour digérer.  (Rires)

L’air dans la voiture 5 se charge d’odeurs de charcuteries et fromages. Mon taux de mauvais cholestérol explose.

Je m’enfonce dans mon siège. Le mouvement trahit ma présence.

– Un p’tit canon, chef ?

Je n’ai pas le temps de répondre. Je me retrouve avec un gobelet de Blanc de Bourgogne dans les mains. On pousse un couteau, du pain et du pâté devant moi.

– Fait comme chez toi. Pas de chichi avec Jean-Pierre… Tu viens d’où ? Du Doubs, doudou ? (Rires)

– De Haute-Saône

– Comme nous… On est d’Auxonne (Rires).

Il  me passe le fromage, et refait le niveau dans mon verre avec du vin jaune.

Les bouteilles tournent. Passent de mains en mains. Reviennent vides. Les conversations partent dans tous les sens. Du poids des chevreuils tués lors de leur dernière battue  aux municipales,  en passant par la terre qui est imbibée d’eau, le labour qui prend du retard, les soucis avec les banques, la Mutualité sociale agricole ou encore les souvenirs lointains.

Les deux plus jeunes participants à cette sortie  annuelle évoquent leur mariage qui approche.

Jean-Pierre demande s’il sera invité…. à la nuit de noce. (Rires gras)

– Pourquoi pas, répond, sans se démonter, la future mariée prévenant qu’il lui faudra toutefois « assurer ».

Jean-Pierre promet d’être à la hauteur. Il évoque sa femme qui ne s’est jamais plainte. Précisant qu’ils se « connaissent » depuis qu’ils ont 14 ans, qu’il en a 60.

Ici et là des usagers commencent à quitter le wagon, en râlant, notamment lorsque Jean-Pierre se met à chanter à tue-tête, en imitant un chant religieux : «  Je mets mon espoir dans le pinard, je suis sûr de la Cirrhose… »

– Un peu moins fort c’est possible ?  tente un client que personne n’entend.

Deux jeunes femmes en tailleurs, maquillées comme des bonbons, remontent le couloir. Elles s’arrêtent au niveau du groupe, souriant à pleines dents.

– Je ne vous demande pas où vous allez. Au Salon, je suppose, demande l’une d’elle.

– Gagné hurle, Jean-Pierre. Et vous aussi ?

– Nous y tenons un stand…

– Lequel ?

– Le 105. Nous  animons le stand de la MSA…

– La MSA dou Doubs ? demande Jean-Pierre. (Rires)

– Effectivement.

– Et vous allez faire quoi comme animation

– Des massages…

La température monte. Jean-Pierre et Gérard, le teint écarlate, demandent s’ils peuvent venir sur le stand de la MSA du Doubs alors qu’ils dépendent de celle de Bourgogne…  (Rires)

– Pas de soucis répondent, en cœur, les deux jeunes filles qui demandent « si elles peuvent goûter la poire…  dont elles ont sentent le parfum en passant ».

– Mademoiselle est connaisseuse, sourit Jean-Pierre, précisant qu’il passera  se faire masser dans l’après-midi. Prudent, il demande à nouveau le numéro du stand.

Le contrôleur débarque. Entreprend vérifier quelques billets et fait part des plaintes des autres usagers…

– Des gens qui ne savent pas s’amuser, résume Jean-Pierre, qui invite ce dernier à boire un « canon ».

L’agent de bord décline l’offre poliment.

– Vous êtes Bourguignon ? lui demande alors Jean-Pierre

– Non

– Je me disais bien… Un bourguignon ne refuse jamais un canon.

– Alors chef, me demande Jean-Pierre, en brandissant une  grosse thermos. Une petite dernière pour la gloire ?

Une fois de plus je n’ai pas le temps de répondre qu’il me sert une rasade généreuse d’eau-de-vie.

– Goûte-moi cela… Tu m’en donneras des nouvelles. C’est du fait maison.

Le liquide me décape le gosier. J’en pleure. Par la fenêtre j’aperçois Paris.  Je crois que je n’ai jamais été aussi soulagé d’arriver dans cette ville.

La tête qui tourne, je me dirige vers l’avant du train après avoir salué mes hôtes et leur avoir souhaité une bonne journée.  Vers la sortie, je  croise le contrôleur qui me demande d’où viennent « mes amis ».

– D’Auxonne, comme moi…   je souris bêtement.Je lui précise qu’ils repartent par le train de 20 h 23.

– Je plains celui ou celle de mes collègues qui sera de service ce soir, dit-il avant de me souhaiter une bonne journée.

Seul maître à bord après Dieu, le contrôleur

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controleur-SNCFJe devrais le savoir, on ne dit plus « contrôleur », mais « Agent de bord ».  Hypocrisie… Dans la réalité, il est le maître. Le seul à bord. Il décide de votre  sort, de votre confort, de votre avenir.

Je m’emporte ? A peine !  Petit exemple, parmi d’autres  : ce soir-là, le train à destination de Belfort est bondé (et en retard de 25 minutes !).   Pas question d’aller me refugier dans la voiture 4 (où se trouve le bar). Même ces places sont réservées, ce qui est un indicateur infaillible de remplissage.

À peine assis à ma place, je m’aperçois que mon siège est cassé.  Il passe de la position assise à inclinée en permanence. Ce qui est très perturbant d’autant que cela agace beaucoup ma voisine, un vieux coton tige au regard de vipère.

J’interpelle le contrôleur. Je lui explique la situation précisant que je suis un client avec un abonnement forfait. Que je fais des allers et retours quotidiens.

Il me répond que je suis « courageux »  et qu’à son grand regret le train est plein…

Je le remercie.

Il m’explique que ce TGV date des années 80 (les fameux TGV oranges). Que le matériel est vétuste. Que la rénovation d’une voiture coûte un « bras ». Il me donne même un montant précis que je n’entends pas…

Je lui demande s’il serait possible d’aller en première. Que je suis prêt à payer le supplément (j’ai vu qu’il restait des places disponibles).

Il me répond qu’à « son grand regret », étant titulaire, d’un  abonnement forfait, il ne peut me surclasser. Qu’il faudrait racheter un billet.

Comme on dit à la SNCF : À nous de vous faire préférer le train.IP3VISO11040759

PS : Il serait injuste envers les agents de bord(avec lesquels j’entretiens de très bons rapports) de ne pas préciser que la plupart du temps,  ils  font leur possible pour trouver une solution.

Comme me l’a résumé un contrôleur à qui je racontais cette histoire : « je crois que ce soir-là tu es tombé sur un con ».

Cela serait-il la solution en cas de problème  ?