La femme qui avait perdu son âme, la jeune femme et la guerre de Bob Shacochis

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Finaliste du Pulitzer, ce roman raconte tout un pan de l’histoire de l’Amérique pré 11-Septembre à travers le destin d’une mystérieuse héroïne, objet de bien des fantasmes.

couv rivireLa femme qui avait perdu son âme,
de Bob Shacochis, traduit de l’anglais (États-Unis)
par François Happe,
Éd. Gallmeister,
788 pages, 28 €

Quatre ans après l’opération Uphold democracy, qui vit en 1994 les États-Unis (et une dizaine d’autres pays) intervenir en Haïti pour en évincer les auteurs du coup d’État de 1991 contre le président élu Jean-Bertrand Aristide, le pays est en proie au chaos. Militaires, agents spéciaux, travailleurs humanitaires tentent, officiellement, d’y maintenir un semblant d’ordre.

Les pièces d’un puzzle éparpillé

C’est dans ce contexte qu’une jeune Américaine est retrouvée morte au bord d’une route, selon toute vraisemblance assassinée. Dolan, un directeur du FBI à la retraite, se fait fort d’enquêter, devant déterminer qui était cette jeune femme connue sous différentes identités… Il va rencontrer des hommes qui ont croisé son chemin : Tom Harrington, un avocat spécialiste de l’humanitaire, ou encore Eville Burnette, un membre des forces spéciales américaines.

Ces derniers ont en commun d’avoir été séduits par cette blonde espiègle, imprévisible, aussi belle qu’exaspérante, se présentant comme fille de diplomate, photographe de presse indépendante, ethnobotaniste. Chacun va tenter de rassembler les pièces d’un puzzle éparpillées dans le temps et en différents pays, de la Croatie, aux Caraïbes, en passant par la Turquie…

L’Amérique et ses retentissements dans le reste du monde

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Ce roman magistral, en cinq parties, dense, ambitieux, métaphorique, lyrique, astucieusement structuré, empruntant à de nombreux genres littéraires, et où rien ne se passe jamais comme on l’aurait pensé, franchit les océans et les époques de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 2000.

L’auteur, ancien correspondant de guerre, notamment en Haïti, membre des Peace Corps, nous balade d’une guerre à une autre, multipliant les intrigues, les pistes, jouant avec les identités et les parcours complexes des protagonistes.

Derrière cette aventure romanesque palpitante, sordide, torride, violente, humaine et inhumaine se dessine un portrait sans concession d’une Amérique dont chaque action a des retentissements dans le reste du monde.


À lire également du même auteur l’excellent
Sous les eaux du volcan (Gallimard) et un recueil de nouvelles Au bonheur des îles (Gallmeister, collection de poche Totem).

 

volcanSur les eaux du volcan
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par 
Sylvère Monod
Coll. Du monde entier, Éd. Gallimard

608 p., 27,10 €

 

 

poche og1Au bonheur des îles,
336 pages, 9,40 euros

Paradis de solitude ou société en miniature, les îles de ce recueil se disputent le statut de territoire pour naufragés. Il y a d’abord cet Américain, expatrié dans les Caraïbes, qui se retrouve à devoir conserver sa mère décédée dans la chambre froide de son hôtel. Et aussi ces deux insulair es qui, malgré eux, fomentent un début de révolution. Sans parler de ce trafiquant de drogue pourchassé par la police, qui plonge dans l’océan avant d’être sauvé par un bateau rempli de réfugiés. Tous affrontent ici des mers incertaines.

Lauréat du National Book Award, ce livre raconte, avec réalisme et un humour parfois grinçant, l’envers de la vie sous les tropiques. (Présentation de l’éditeur)

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