Une cure de jouvence avec Hendrik Groen

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Je vous recommande ce journal de chroniques où le pensionnaire d’une maison de retraite consigne son quotidien. 

Le vieuxLes flagrants délires d’Hendrik Groen.
Ed. Presses de la cité. Traduit du néerlandais par Mireille Cohendy.
364 p., 21 €.

Si vous avez envie de passer un excellent moment, je vous recommande vivement de lire ce journal de chroniques où le pensionnaire d’une maison de retraite hollandaise raconte pendant un an son quotidien, ses contrariétés, ses pensées et observations, ses envies et ses joies avec les autres membres du club VIMAPEM (Vieux Mais Pas Encore Morts).

Certes, on ne sait pas qui en est vraiment l’auteur. Ce mystère est un tantinet agaçant. Mais qu’il s’agisse du véritable pensionnaire de cette maison de retraite ou pas n’a pas franchement beaucoup d’importance. Ce qui nous intéresse c’est le contenu, les anecdotes, le style… Et de ce côté-là on n’est pas déçu. L’écriture est vive, la plume, provocante, rebelle, insolente, intelligente, toujours digne et vraiment réjouissante…

Il m’arrive régulièrement de m’y replonger juste pour le plaisir.

Extraits :
« Il y avait du sucre glace partout. Mme Smit a posé le plateau de beignets sur une chaise, le temps de passer un chiffon sur la table. Mme Voorthuizen s’est amenée avec son gros derrière et elle s’est assise sur les beignets, sans même s’en apercevoir. Ce n’est qu’au moment où Mme Smit a commencé à chercher son plateau qu’on a eu l’idée de regarder sous Mme Voorthuizen. Quand elle s’est relevée, trois beignets aux pommes étaient collés à sa robe à fleurs. « Ils vont bien avec le motif » a dit Evert. J’ai failli m’étouffer de rire. »

« Encore une année où je n’aimerai pas les vieux.Toujours à traîner des pieds derrière leur déambulateur, à s’impatienter au moindre prétexte, à se plaindre de tout et de rien; et puis leurs sempiternels petits-fours pour le thé, leurs soupirs et leurs lamentations!
J’ai moi-même 83 ans un quart. »

« Dans la vie, il arrive que la nature vous redonne un petit coup de jeune, mais dans la chambre d’un résident de maison de retraite, ce n’est pas le cas. L’état d’une plante d’intérieur reflète celui de son propriétaire, tous deux sont condamnés à une fin sans joie. Comme ils n’ont rien d’autre à faire, les petits vieux arrosent ces pauvres plantes trois fois par jour, et même davantage, en raison de leurs pertes de mémoire. À la longue, même une sansevière finit par rendre l’âme. »

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