« Les suicidées », un sombre plaidoyer pour la cause des femmes

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La reine incontestée du « tartan noir », Val McDermid, envoie son duo récurrent d’enquêteurs, Tony Hill et Carol Jordan, sur la piste de décès suspects de femmes ouvertement féministes.

Les Suicidées, de Val McDermid
Traduit de l’anglais par Perrine Chambon et Arnaud Baignot Éd. Flammarion, 416 p., 21 €

À Londres, une série de suicides attirent l’attention de l’enquêteur Tony Hill : les victimes sont des femmes plus ou moins actives sur la scène publique et qui ont été victimes de harcèlement sur Internet après avoir revendiqué, d’une manière ou d’une autre, leur engagement ou leur attachement à la cause féministe.  Autre fait particulièrement étrange, des œuvres d’auteurs féministes comme Virginia Woolf, Sylvia Plath, Alexandra Pizarnik, Anne Sexton ont été retrouvés à proximité des victimes…

Autant d’éléments qui attisent la curiosité de Tony Hill, profileur de son état et psychologue au service de la police britannique, qui forme, avec Carol Jordan, un duo d’enquêteurs récurrent (adapté à la télévision en série à succès !) que les habitués de cette auteure écossaise connaissent bien depuis leurs premières aventures en 1995 (La Fureur dans le sang, Une victime idéale, Châtiments, Fièvre, La Souffrance des autres…) (1).

Son ancienne collègue, mise à la retraite un peu contre son gré, va également s’intéresser à cette affaire en écoutant son ami. Elle qui passe ses journées à tuer le temps en bricolant dans sa maison et en buvant plus que de raison. Cette enquête est l’occasion pour elle de sortir de son isolement et pour le duo de se reformer.

Suicide ou meurtre, pour le lecteur, cette question est tranchée dès les premières lignes du roman où nous assistons à la mise à mort de l’une des victimes par un tueur particulièrement remonté contre les femmes. Ce polar est une fois de plus un prétexte pour cette militante infatigable de porter un regard sans complaisance sur la société britannique et notamment les relations hommes-femmes.

fullsizeoutput_f46L’intrigue mâtinée d’humour noir est bien ficelée. L’écriture est ciselée. Les faits s’enchaînent avec fluidité. Les personnages sont bien campés. Même si certains revirements sont souvent un peu trop prévisibles, on se laisse prendre au jeu. Avec une soixantaine de romans au compteur, traduits dans une quarantaine de langues, des prix de toutes sortes, Val McDermid – qui figure, avec Ian Rankin, son voisin de quartier à Édimbourg, parmi les maîtres du « tartan noir », le polar venu d’Écosse, a du métier et cela se sent.

 

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