« Un seul parmi les vivants », chronique sociale de l’Amérique des années 1930

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Un premier roman remarquable et prometteur qui nous embarque en Caroline du Nord, au temps de la prohibition et de la « grande dépression ».

« Un seul parmi les vivants », de Jon Sealy, Éd. Albin Michel, collection Terres d’Amérique. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Lederer 358 p., 22,90 €

9782226392152_0_378_554L’histoire débute violemment en 1932, dans une contrée rurale isolée de Caroline du Sud, en pleine prohibition et « grande dépression ». Devant un bar, qui sert de couverture à un lucratif trafic de bourbon de fabrication locale, deux jeunes sont tués.

Un troisième homme, Mary Jane Hopewell, qui a réussi à s’échapper malgré ses blessures, est désigné par des témoins comme le principal suspect. Ce dont doute Furman Chambers, le shérif local. Que Mary Jane, vétéran de la Grande Guerre, soit un « poivrot », un marginal au comportement parfois déroutant, cela est entendu, mais pas un tueur.

Ses soupçons se porteraient davantage sur Larthan Tull, qui règne sans partage sur le trafic de bourbon. Le vieux shérif sait que ces derniers temps Mary Jane Hopewell tentait de se passer de Tull, en vendant l’alcool qu’il distille lui-même. Si jusque-là, ­Furman était du genre à fermer les yeux, il décide de s’en mêler avant que la situation ne lui échappe, d’autant que des fédéraux sont en ville…

Ce n’est pas tant l’enquête qui fait le charme et l’intérêt de ce premier roman que l’atmosphère, les personnages, l’ambition littéraire et l’intelligence de l’ensemble. L’auteur, qui puise dans l’univers du polar, de la littérature du Sud ou du roman social, nous plonge dans le quotidien d’une communauté rurale menant une vie misérable entre la filature de coton, la culture du maïs et les distilleries clandestines.

On pourrait penser que sur cette période, abondamment représentée dans la littérature et le cinéma, tout a été dit, montré et écrit. En lisant ce premier roman on s’aperçoit que non. L’auteur donne vie à des personnages originaux et peint des paysages qu’il connaît intimement. La trame tient la route, habilement rythmée.

On s’attache aux personnages, même les moins sympathiques, qu’il s’agisse de la redoutable Tante Lou ou du cynique Larthan Tull, le magnat du bourbon dont le regard reflète « l’indifférence amorale d’un univers sans dieu ». Que dire du vieux Chambers et du couple qu’il forme avec Alma ou encore de la famille Hopewell ? Un premier roman très noir sur les liens familiaux où l’espoir tente sans cesse de se faire une place, tout comme la rédemption et l’amour aussi, même si cela semble voué à l’échec.

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