Pour Noël, pourquoi pas une virée en Afghanistan avec DOA

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Après «Citoyens clandestins» (grand prix de littérature policière 2007), «L’Honorable Société», coécrit avec Dominique Manotti (grand prix de littérature policière 2011),  le dernier DOA  est une époustouflante fresque sur la guerre en Afghanistan en deux volumes regroupes dans un élégant coffret. A offrir à Noël

73764325_14393743PUKHTU PRIMO et SECUNDO
de DOA
Éd. Gallimard, coll. «Série noire», 1338  p., 42 €

Fresque hallucinante et hallucinée, en deux volumes, Pukhtu, plonge dans l’intimité du bourbier afghan, ce pays rude rendu exsangue par des décennies de guerres meurtrières et fratricides, «où tout est beau mais seulement de loin».

L’histoire se déroule en 2008. Une année charnière : George Bush termine son mandat, Barack Obama arrive avec les espoirs que l’on sait. Comme celui de tourner la page de l’Afghanistan et surtout d’en finir avec certaines méthodes sur le terrain.

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(Photo Gallimard)

DOA (acronyme de Dead On Arrival, titre d’un film américain des années 1950!), cet auteur aussi talentueux que mystérieux, qui aurait été parachutiste dans l’infanterie de marine, revient sur cette année à travers l’histoire d’une impressionnante galerie de personnages détonants dont certains semblent sortis tout droit de ces jeux vidéo d’une violence effroyable.

Comme cette équipe de baraques paramilitaires gonflées à la testostérone, surarmés, froids, qui mènent toutes sortes d’opérations douteuses et meurtrières dans le pays au nom d’officines privées œuvrant pour le compte de la CIA.l

Nous y croisons aussi la piste sanglante et tragique d’un chef de clan pachtoune plein de rêves et d’ambitions pour ses enfants, et notamment sa fille adorée, avant de s’enrôler malgré lui dans la terrible bataille contre la coalition ; celle d’un journaliste déterminé à prouver l’implication des services secrets dans le trafic d’héroïne… Des personnages dont la densité contribue à la richesse de ce roman.

Au départ, il faut l’avouer, leur nombre perturbe, tout comme la masse d’informations à digérer : des détails techniques sur les armes, les rapports complexes entre les clans régnant sur ces provinces reculées inaccessibles aux Occidentaux où, «à part des fruits et des légumes, on produit surtout des talibans»… Des allers et retours s’imposent dans le glossaire et sur les cartes pour ne pas se perdre.

Avec talent, l’auteur, qui dans l’avant-propos revendique une œuvre de fiction, nous embarque dans les problématiques géopolitiques, militaires, religieuses et géographiques de ce pays complexe et leurs ramifications internationales. C’est réaliste et très documenté, révélant un travail titanesque. Le tout est rythmé par des scènes de combat, des virées dans les montagnes à pied, à cheval, dans des véhicules blindés…

On crapahute tantôt avec les paramilitaires américains, des agents secrets infiltrés, les guerriers afghans… On se bat de jour comme de nuit aux côtés des uns et des autres… On fréquente les bases militaires de la coalition, les villages afghans, les quartiers les plus lugubres de Kaboul. Le danger, la peur, la douleur, l’inconfort sont omniprésents.

Faut-il le préciser, certaines scènes sont à peine soutenables, tant elles sont réalistes. Si l’auteur n’affiche aucune complaisance pour la barbarie, il ne nous épargne rien dans ce monde où l’amour n’a que très peu de place à l’image des femmes, ces ombres voilées croisées ici et là.

Dans ce monde corrompu, on ne vit pas, on survit… à la merci de ceux qui tirent les ficelles. Les uns pour le pouvoir et le profit, les autres au nom de codes d’honneur ancestraux. Dont le fameux pukhtu qui renvoie aux valeurs fondamentales du peuple pachtoune, et dont le non-respect se lave dans le sang.

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