Attention, une blondinette peut en cacher une autre

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mini-jupe-noir-clous-3Un dimanche soir ordinaire. La voiture 6 du TGV 6707 à destination de Mulhouse ville est saturée de testostérone. La grande majorité des usagers sont de jeunes hommes. Principalement des militaires de retour de permission. On boit de la bière,  on mange des kebabs/frites en regardant des films d’action, du son plein les oreilles. Ici on parle foot, là de la vie en garnison… D’autres, isolés, lisent en envoient des SMS…

Le contrôleur annonce le départ du train. Les portes coulissantes du compartiment s’ouvrent. Une voix féminine, jeune, à l’accent alsacien prononcé, peste contre l’étroitesse du passage. Les conversations s’arrêtent, les têtes se tournent, les coups se tendent pour voir…

Tirant une énorme valise, une blondinette remonte le couloir, petite, bronzée, généreusement décolletée, habillée très court et perchée sur des talons qui accentuent sa chute de reins et une démarche chaloupée. Son regard semble dire,  « bonjour tout le monde, je cherche une place ? »

«Par ici mad’moiselle », implorent silencieusement des dizaines de visages à peine sortis de l’adolescence.

Elle s’arrête à mon niveau.

Bonjour, monsieur. C’est libre à côté de vous ?

Merci… (Soupir de soulagement). Gênée aux entournures par sa mini-jupe et son décolleté, elle tente de soulever sa valise sans s’exposer plus que nécessaire en lançant à la cantonade : « Oh, mais qu’elle est lourde, je ne sais pas si… »

Deux jeunes se précipitent,  saisissent la valise en même temps et la dépose sur le porte-bagages.63263324

Merci, leur souffle-t-elle en les gratifiant d’un large sourire parfumé à la vanille.

Elle tire sur le bas de sa jupe qui remonte aussitôt au premier mouvement et s’assoit en croisant les jambes. Elle soupire, sourit, me demande où je vais. J’ai à peine répondu qu’elle m’explique qu’elle vient de passer quelques jours à « Paname » et se réjouit de pouvoir rentrer à Mulhouse où elle travaille comme vendeuse dans une parfumerie du centre-ville en attendant de devenir hôtesse de l’air. Il lui reste à apprendre l’anglais pour que ce rêve devienne réalité… Elle parle vite et fort sans ponctuation.

Les jeunes militaires qui nous entourent ne perdent pas une miette de son monologue enthousiaste. L’un d’entre eux lui demande si elle ne préférerait pas être assise dans le sens de la marche. Un autre lui propose sa place, expliquant qu’il vient lui aussi de Mulhouse. Un autre est certain de l’avoir croisé en boite. Elle ne se souvient pas de lui, encore moins de la boite de nuit en question.

Je pianote sur mon téléphone. Ma voisine pousse un petit cri de joie et se couche presque sur moi.

J’adore ce téléphone. Jusqu’au mois dernier, j’en avais un comme le vôtre. On m’en volé. A Mulhouse. Je marchais dans la rue et je téléphonais à une  amie. Deux types me l’ont arraché des mains dans la foule.

Son histoire semble émouvoir profondément son auditoire. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, chacun y va de son histoire de vol, d’agression, dans les rues de Mulhouse. Des solutions, plus radicales les unes que les autres, fusent dans un brouhaha indescriptible pour régler ce problème.

Celle de ma jeune voisine bat tous les records. Elle propose de piéger les portables avec un slogan à l’avenant : « tu vol mon phone, tu perds une oreille et une main ». Cela amuse une moitié de son auditoire, l’autre reste pantois. Notamment quatre futurs gendarmes, qui trouvent la « riposte disproportionnée ».  Plus « modérés », ils proposent de « donner plus de pouvoir à la police et à la gendarmerie et en enlever aux juges qui systématiquement relâchent les délinquants «  . « Nous avons autre chose a faire que de verbaliser les auteurs d’excès de vitesse. Les vrais problèmes ne sont pas sur les routes mais dans nos cités… »

Effaré par ce que j’entends, je m’apprête à descendre de ce train de la démocratie et de la tolérance, lorsque ma jeune voisine tente une dernière fois de me convaincre qu’il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Cette ville, poursuit-elle,  est l’une des plus dangereuses de France. C’est un client, « inspecteur de police », qui lui a révélé cette information. Un inspecteur qui visiblement a du nez pour dénicher de bons clients.

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