Voyager la tête en bas, le pied!

Poster un commentaire Par défaut

91705065Ma voisine d’hier était déprimée, celle d’aujourd’hui est enceinte. Une habituée, elle aussi, des allers et retours quotidiens entre Dijon et Paris avec qui j’ai déjà  voyagé. Elle passe son temps à se caresser le ventre et à boire de grandes gorgées d’eau minérale.

Annonce du contrôleur. Elle grimace et se redresse dans son siège. Bébé vient de se réveiller. Son ventre s’anime. Si je n’avais pas eu 5 enfants, ou plutôt si ma femme n’avait pas eu 5 enfants dont je suis ( l’heureux) papa. Cette vision pourrait faire flipper (comme le disent mes enfants).

Nos regards se croisent.

Comme Alessandra Sublet? (Cette semaine du 14 au 18 avril, l’animatrice de France Télévision est en couverture de Paris Match, où elle confirme et annonce une nouvelle grossesse et une nouvelle émission !)

Elle éclate de rire. Bébé redouble de coups de pieds. Son ventre bouge dans tous les sens. Le père de cinq enfants serait presque impressionné.

On dirait qu’il ou elle apprécie le voyage?

Il adore.

Félicitation. J’espère que vous lui avez déjà pris sa carte Grand Voyageur ?

Bien sûr. Elle rit en essayant de suivre les pieds de bébé qui s’impriment sur son ventre.

Il a déjà la carte Club.  Et quand le train est en retard, on cumule points monnaies à deux….

Vous pourrez acheter des couches et biberons avec…

Le contrôleur passe. Le même que la veille.Femme-enceinte

Vous coucher dans le train? me demande-t-il en prenant ma carte d’abonnement. Pour madame cela ne doit pas être confortable.

Je n’ai pas le temps de lui dire que je ne suis pas le mari de cette jeune femme  qui doit être à peine plus âgée que ma fille aînée, qu’il ajoute, en prenant un air de circonstance : « Mais dites-donc, vous êtes trois et je ne vois que deux billets. Va falloir que je sanctionne, sourit-il en nous adressant un clin d’œil et un chaleureux :  Félicitation et bonne journée à vous trois….

Ma voisine éclate de rire en se tenant le ventre à deux mains.

A en juger par votre tête vous ne semblez pas prêt a en accueillir un sixième….

Si vous saviez…. Je ne veux pas vous faire peur, mais si j’ai un conseil  de vieux con à vous donner, profitez-en quand ils sont jeunes…

 

 

 

 

La ponctualité selon la SNCF

Commentaires 2 Par défaut

SNC_Illu_Outils_16-02« 94,5%, c’est le taux de ponctualité (pourcentage des TGV arrivés à l’heure ou dans les 10 minutes),  de la Ligne Paris-Lyon pour le mois de février 2014. « 

J’ai trouvé cette info sur le site de la SNCF imaginetgv.com où je poste régulièrement des récriminations contre la grande maison au sujet des abonnements et autres soucis….

Un site conçu comme un « défouloir »  où des gens entraînés « sont à votre écoute »… On y a même l’occasion de proposer des solutions pour rendre le tgv plus performant et convivial…

Je m’égare…

J’en reviens à la statistique. Selon la SNCF,  94,5%  des trains sont arrivés à l’heure ou dans les dix minutes en février, entre Paris et Lyon. A première vue, c’est très bien. Dans la presse (RTL, Les Echos…) quelques articles confirment une embellie pour le premier trimestre après une année 2013 mauvaise). Mais comment ne pas trouver  un peu fort de tabac de penser qu’un train qui selon la SNCF  arrive avec dix minutes de retard est un train à l’heure. (A l’inverse, un passager qui arrive avec une fraction de minute de retard est un passager qui a raté son train!)

Sur la ligne, Paris/Mulhouse, ce chiffre doit être à peu près identique. Pour y arriver, à tous les coups, la SNCF a une astuce. Lorsque le train est dans les temps,  il marque des arrêts plus longs en gare. Il nous arrive régulièrement de poireauter sans raison apparente en gare de Dijon et Besançon. Il m’a fallu du temps pour comprendre qu’il doit s’agir d’une sorte de réserve de temps.  Ainsi (je ne sais pas si je suis très clair ?) lorsque le train part de la gare de Lyon avec vingt-cinq minutes de retard,  il n’arrive qu’avec dix minutes de retard à Mulhouse (donc à lheure !) en jouant avec les attentes en gare.

91988170_oPourquoi n’arriverait-il (le train!) jamais avec un peu d’avance ?

Je suis mauvaise langue. C’est arrivé. Une fois. Un lundi matin, il y a quelques mois. Nous sommes arrivés à Paris avec plus de dix minutes d’avance. Ce jour-là, l’ancien ministre de l’économie et des finances (Pierre Moscovici, sa très jeune épouse et leur chat Hamlet étaient du voyage.

Chéri et mon cœur prennent le train

Poster un commentaire Par défaut

a-la-gare-4112825ukjtj_1907Chéri ?

Oui mon cœur, répond l’homme sans cesser de lire son journal.

Tu m’aimes?

Oui mon coeur. C’est quoi cette question? Il l’embrasse sur la joue et se replonge dans son article.

Chéri ?

Oui, mon coeur?

Tu fais quoi ?

Je lis.

Merci ! J’avais vu. Mais tu lis quoi ?

Un article sur la reprise économique…

Passionnant.  Chéri ?

Oui mon cœur ?

J’ai faim. Pas toi ?

Pas encore.  Mais ne m’attend pas…

J’ai pas envie de manger seule. (Moue boudeuse)

Tout le monde mange dans ce train… répond l’homme en souriant discrètement à une jeune fille qui en l’espace de quinze minutes fait son troisième aller et retour aux toilettes…

Chéri ?

Oui mon cœur?

Tu sais quoi ? Tu es trop drôle, dit  la femme en insistant lourdement  sur le « trop »…  Elle sort un petit livre de poche de son sac à main. Lit la 4e de couverture. Puis l’ouvre. Sourit.
connasse parfaiteTu lis quoi mon cœur ?

La femme parfaite est une connasse !…

Moins fort on nous entend…

Quelques minutes s’écoulent. Toi tu n’es pas une connasse.

Je ne suis pas parfaite. J’ai de trop petits seins. Pas comme la tassepé qui n’arrête pas de passer et que  tu n’arrêtes pas de reluquer. T’as pas honte ? Elle doit avoir l’âge de ta fille et certainement un problème urinaire…

Je vois pas de qui tu parles… chuchote-t-il, les joues écarlates. Parle moins fort, on n’est pas seuls.

Toi, arrête de me prendre pour une cruche. Elle se remet à lire.

Mon cœur ?…

(pas de réponse)

Mon cœur ?

Oui chéri ? (ton agacé) Tu vois pas?  Je lis.

J’ai faim.

J’aime beaucoup ce que vous écrivez, mais…

Poster un commentaire Par défaut

Chroniquesdurail ?

Oui

Bonjour. J’aime beaucoup ce que vous écrivez. Je vous lis tous les jours.

Merci!

J’ai été ému par  la lettre à Mémé, le récit de votre voyage avec des exposants du Salon de l’Agriculture m’a fait beaucoup rire. J’écoute les musiciens dont vous parlez, je lis les livres que vous chroniquez…

Une partie de mon cerveau dit encore, une autre arrêtez ce n’est pas raisonnable…

Mais, si je peux me permettre, je trouve que parfois vous tournez en rond. Arrêtez de nous parler ce votre abonnement annuel, des retards qui vous  font gagner des poins monnaie. Il n’y a pas longtemps, vous avez même fait de la publicité à la SNCF. Comment envisagez-vous la suite ? Evitez de trop parler de vous. Il y a assez de blogs nombrilistes, réservez vos états d’âmes à vos publications Facebook

Ma tête dit oui

Vous qui aimez le polar, les romans noirs, pourquoi ne faites-vous pas des chroniques à énigmes. Il faut penser à muscler vos chroniques avec de la violence, du sexe. Il vous faut un personnage récurrent,  un tueur en série ou un terroriste…

Une légère pression sur mon avant-bras. J’ouvre les yeux, essuie discrètement un filet de bave au coin de ma bouche. Je masse mes cervicales engourdies, je tente  d’étendre mes jambes  aussitôt découragé par les regard de l’un des deux types joufflus qui me font face. Tiens, le colza est en fleur.

Lettre à mémé

Commentaires 7 Par défaut

orthographeChère mémé (1)

Je doute que cette « lettre » te parvienne là où tu te trouves (2). Mais je tenais à t’informer que j’ai  sauté le pas. J’ai osé. Je tiens un BLOG depuis quelques mois. Un blog, ma mémé, c’est une sorte de journal intime mais public que tu postes sur Internet.

Internet c’est… un vaste réseau virtuel…

Je ne sais pas pourquoi j’essaie de t’expliquer ce qu’est un BLOG, internet ou je ne sais quoi, puis que la seule question qui te brûle les lèvres c’est  : « mais qui corrige tes fautes ? » Cette même question que tu me l’a pausé lorsque je t’ai annoncé que j’étais devenu journaliste.  Je vois encore ce regard plein d’inquiétude, tes grands yeux bleus incrédules. (3)

Je me souviens que ce jour-là, de cette carte postale envoyée du Canada quelques années plus tôt, en 1971. Nous y passions l’été avec mon père. Une superbe vue du lac Louise près de Banff en Alberta, avec son hôtel néo-victorien et les Rocheuses en arrière-plan.

A mon retour en France, un dimanche, j’étais allé te rendre visite avec ton fils et ma mère.

Sans vouloir te faire de peine, mémé, je crois que c’est la première fois que je venais te voir  de bon cœur, pressé de voir l’effet que cette petite carte avait eu sur toi. Il faut avouer que tu n’étais pas vraiment du genre chaleureuse et que les visites se résumaient souvent à une litanie de reproches adressées à ton fils qui, selon toi ne nous élevait pas dans les normes.

Si mes souvenirs ne me trahissent pas, je crois que ce jour-là, je n’ai même pas eu l’occasion de  te faire la bise. Tu m’as tendu avec un mépris glaçant, la fameuse carte portale couverte de ratures rouges nerveuses en me disant :« faire autant de fautes à ton âge est une honte! »

Depuis ce jour, je n’ai jamais plus réussi à envoyer une carte postale.

J’en ai rédigé des dizaines qui ont toutes été détruites.

Alors  tu vois, mémé, avec ce blog, je rattrape le temps perdu, chaque « post » (c’est comme cela que l’on dit) est comme une  carte postale racontant, à qui veut bien les lire, mes péripéties ferroviaires quotidiennes.

Les fautes, je leur donne la chasse, mais parfois le chasseur fatigué, étourdi, ignorant ou trop occupé à chasser, ne vois pas la petite coquille bien dodue, la virgule malade, l’article amputé, l’accord hasardeux, qui se fondent dans le paysage.

Si, à tout hasard, tu croises un de mes textes et une
faute, je ne t ‘en voudrai pas de me l’indiquer… Je te promets de la corriger aussitôt.

Je t’embrasse

(1)Je déteste ce mot que je trouve idiot, méprisant, mais lorsque nous étions petit c’était la seule manière de faire la distinction entre notre grand-mère maternelle et paternelle.

(2)Ma grand-mère est morte en 1998.  Incinérée ses cendres fertilisent le tombe de son fils (mon père) parti un an avant elle.

(3)Il faut dire que pour ma grand-mère, une ancienne institutrice de campagne, à la réputation de peau de vache, on ne badine pas avec l’orthographe.

 

 

 

Des journalistes y en a des bons et beaucoup de mauvais

Poster un commentaire Par défaut

pressenationaleMais c’est notre journaliste !

Je tourne la tête en pensant, mais c’est mon syndicaliste.

Comment va ?

Très bien !

Ça faisait longtemps ?

Effectivement voilà des semaines que je n’ai pas croisé cet usager dijonnais. Il prend place en face de moi tout sourire.

Il me propose un café. J’accepte. Il revient quelques minutes plus tard avec deux tasses fumantes et deux chocolats. Je lui laisse ma part.

Tu bosses pour La Croix si ma mémoire est bonne ?

Oui

Vous devez être content ?

Pourquoi ? A sept heures du matin, je n’ai aucune idée de quoi il parle.

Vous êtes le seul quotidien à progresser en termes de diffusion. Je n’ai aucun mérite, j’ai lu l’enquête dans « Libé ». Il me regarde avec un air entendu…

Comment tu expliques cela ?003

Je hausse les épaules.

Je suis certain que c’est à cause de votre côté militant bon enfant. Et surtout, avec la crise, le monde qui se casse la gueule, de plus en plus de gens se tournent vers Dieu, les valeurs traditionnelles… Il rit.

Je ne sais pas quoi répondre d’autant qu’il parle si fort que d’autres usagers commencent à nous regarder avec intérêt.

Il est à combien ton canard ?

Plus de 80 000…

Non, ça je savais déjà. Si ma mémoire est bonne, la diffusion payée a même dépassé 97 700 exemplaires en janvier 2014. Non je te demandais le prix…

Je ne sais pas quoi répondre de peur de dire une bêtise.

Tu ne connais pas le prix de ton journal ?

Je n’ai pas le temps de me défendre qu’un usager répond d’une voix rauque et caverneuse :

C’est normal les journalistes y z’ont la presse gratos.

L’homme parle très fort. Ses habits empestent le tabac froid.

Y savent rien de rien sur la vie qu’on mène. Moi, je lis plus la presse depuis des années. Je ne connais pas votre journal, y en a des bons et beaucoup de mauvais, mais globalement, les journalistes c’est tous les mêmes, connivences, langue de bois et compagnie…

Il s’installe avec nous et se lance dans une diarrhée verbale sur le registre tous pourris tous vendus. Même le contrôleur  a du mal a interrompre le flot de paroles, se faisant même prendre à témoin sur la décadence de notre pays où de plus en plus de gens (toujours les mêmes précise-t-il) voyagent sans billet.

Monsieur, vous n’êtes pas dans le bon train lui précise le contrôleur en lui montrant son billet.

Comment ça ? Il ne va pas à Paris ce train ?

Si. Mais pas votre billet. Vous étiez censé descendre à Dijon. Je suis désolé mais je dois vous verbaliser. Avez-vous un moyen de paiement et une pièce d’identité ?

Un autre café ? me propose mon voisin en regardant notre spécialiste de la presse s’éloigner avec le contrôleur en râlant sur le prix exorbitant des billets de TGV….

Volontiers et cette fois je prendrai le petit chocolat.

La Croix c’est 1 ,50 € m’annonce-t-il en reposant son téléphone.

Avec la SNCF, voyagez, vibrez

 

Et ça repart le train train du quotidien!

Poster un commentaire Par défaut

CGV Mon forfait annuelDemain, mercredi, après une petite trêve de quelques jours, une parenthèse en images et dans les bois à préparer l’hiver prochain, le quotidien reprend le dessus. Le train train quotidien, ou le TGV TGV selon l’expression revue et adaptée.

Ce matin, petite piqure de rappel ou mise en bouche,  la poste m’a remis une lettre de la grande maison SNCF. Une réponse à un courrier que je leur ai envoyé le 2 février concernant leur gestion des abonnements au forfait.

La réponse est à la hauteur de la réputation de cette entreprise…  D’une phrase, ils me rappellent l’objet de ma lettre (ma « déception de le pas pouvoir bénéficier du Forfait annuel sur la relation  Belfort/Paris »). M’expliquent (ce que je savais déjà !) ensuite que ce que je demande (avoir accès au forfait annuel avec 450 réservations incluses et un prélèvement mensuel m’évitant de faire la queue à des guichets avec le risque d’oublier de renouveler mon abonnement…)  est « phase de développement ». Elle m’informe que mes remarques ont été portées « à la connaissance du responsable de la ligne concernée ».railway-wallpaper-1280x960.jpg

On me fait également comprendre combien mes « observations sont importantes car elle permettent à la SNCF de mesurer les difficultés rencontrées par ses clients ».

En guise de conclusion la conseillère Programme Voyageur, me conseille (c’est son métier)  de m’inscrire au blog de la Communauté AXE EST (qui ne concerne pas ma ligne !) depuis www.imaginetgv.com, pour « exprimer et partager » sur tous les sujets propres aux abonnés…

En gros, tout cela pour me dire qu’ils ne peuvent rien pour moi, car je ne  représente pas une priorité  pour leurs services et qu’en attendant je peux aller passer mes nerfs sur un site qu’ils contrôlent….

Une prune ? C’est pas grave, je ne les paie jamais

Poster un commentaire Par défaut

amende-sncfExiste-t-il des trains sans resquilleur ? Depuis que je fais les allers et retours, je n’ai pas fait un seul trajet sans que des usagers se fassent verbaliser pour absence de titre de transport.

Il y a quelques jours, une jeune fille vient s’asseoir à côté de moi.  Elle est accompagnée de sa petite sœur et de sa mère à qui elle demande d’aller se placer un peu plus loin… Pendant plus de vingt minutes, elle va parler, au téléphone, de l’organisation de  son mariage à venir. Des invités à prévenir, des traiteurs, de la salle à louer…

Lorsque le contrôleur passe, elle joue de la prunelle, minaude, lui explique qu’elle était  « à la bourre » ce matin et qu’elle a oublié son billet sur la table de la cuisine.

Ce n’est pas grave, lui répond-t-il imperturbable. Donnez-moi votre nom. S’il y a un billet, je le retrouverai.

Il ne retrouve rien. Elle fait comme si elle ne comprenait pas.  Prend un air affligé.

Je suis obligé de vous refaire un billet.  Vous avez une carte de  réduction ?

Non

Cela fera 80€. Une carte de crédit ?

244574_des-billets-sncfElle fouille dans son portefeuille.  Lui tend une carte.

Dix minutes plus tard.

Le paiement est refusé. Cela fera 128 €.  Désolé. Vous avez une pièce d’identité…

Elle lui tend une carte de fidélité à une salle de sport.

C’est tout ce que vous avez ?

Oui.

Dix minutes plus tard, il lui tend un ticket et lui explique comment et quand régler, les sanctions en cas de non règlement, les recours…. Il poursuit ensuite sa route après l’avoir souhaité une bonne journée.

Outre la sœur et la mère de ma voisine, il verbalisera encore deux autres personnes dans la même voiture.

Eh chéri tu sais quoi ? demande ma voisine au téléphone.  Elle rit. j’ai pris une prune.  Elle rit  à nouveau. Silence. 128 €. T’inquiète, chéri, j’en ai jamais payé une seule.

Qui sont les fraudeurs à la SNCF?

Pour la compagnie ferroviaire, il n’y a pas de profil type, mais de nombreux cas de figure: des gens frappés durement par la crise, des jeunes gagnés par « la culture de gratuité » ambiante, des cadres. Mais, au final, une addition salée: quelque 300 millions d’euros de manque à gagner par an, avec, en outre, une partie des amendes non recouvrées.

Les types de fraude les plus courants sont la non-présentation de titre de transport, le billet ne correspondant pas au trajet, le non-compostage et, pour la SNCF seulement, les fraudes au moyen de paiement lors de l’achat du billet (chèques volés, notamment).

fraude 2013_tcm21-92420La SNCF aimerait que les pouvoirs publics lui donnent la possibilité d’obtenir l’adresse du domicile réel des contrevenants, le défaut d’adresse expliquant nombre de non-paiements…

Cette année, la compagnie entend communiquer sur ce que risquent les fraudeurs à répétition avec la loi sur le « délit de fraude d’habitude » qui prévoit un emprisonnement possible au bout de dix amendes dans les douze derniers mois.

Les contrôleurs pourraient également avoir la possibilité de proposer une sorte de transaction vertueuse à certains fraudeurs qui semblent de bonne foi: acheter un abonnement dont le prix serait diminué du montant de l’amende… Une pratique habituelle dans les réseaux de sa filiale de transports urbains Keolis. « Nous obtenons un taux d’acceptation de près de 30 % », indiquait il y quelques mois Jean-Pierre Farandou, président du groupe Keolis.

Un mec nommé Hugo

Commentaires 3 Par défaut

lucrèce bonUn dimanche soir ordinaire à bord du Paris-Belfort de 19 h 23. Une jeune fille brune et sa mère rentrent de week-end.

La maman demande :

Tu n’as rien oublié chez ton père ?

Non… Et c’est pas grave, j’y retourne dans quinze jours…. Oh merde…

Quoi ?

Mon livre… J’avais un bouquin à lire pour demain.

Bravo. Et tu vas faire comment ?

T’inquiète je l’ai avec moi. Je m’y colle…

Elle sort un livre froissé et corné de son sac à main.

C’est quoi ?

Lucrèce Borgia de Victor Hugo… Eh maman tu sais quoi ? Lucrèce c’est une meuf. Putain je croyais que c’était un homme…  Et tu sais quoi le mec, il a écrit cette pièce en quinze jours… T’y crois toi ?  Trop fort.

Mouchoirs en papier avez-vous une âme ?

Commentaire 1 Par défaut

mouchoirsSalon grand voyageur.  19 h. J’attends mon train.  Du monsieur devant moi, je ne vois que deux mains manucurées, velues. Une grosse chevalière et une montre  d’une marque luxueuse dont un publicitaire, conseiller d’un président,  a un jour dit «  que si tu t’en a pas une à 50 ans t’as raté ta vie… ».

Visiblement ce monsieur a réussi ce que semblent confirmer ses chaussures griffées et impeccablement cirées.

Il lit l’Equipe.  Soudain, il se met à tousser et  éternue. Le journal tombe en se froissant. C’est un monsieur âgé et élégant.

Il se redresse péniblement dans son fauteuil, retenant sa respiration comme s’il anticipait  une autre quinte de  toux; fouille dans la poche intérieure de sa veste d’où il sort un mouchoir à carreaux blancs et bruns en tissus estampillé de deux initiales finement brodés : « J.H. »

Avec application, il le déplie, se mouche bruyamment, s’essuie, vérifie, le replie et le remet dans sa poche.

Voilà bien longtemps que je n’avais vu quelqu’un utiliser un mouchoir en tissus.  Je pensais que cette pratique d’une hygiène plus que douteuse avait disparu depuis des années.

mouchoirs en papierJe me souviens aussitôt des mouchoirs de mon grand-père qui me « torchait le nez » avec les siens lorsque j’étais petit. Souvent, ils sentaient la paille ou le foin. Ils étaient doux et chaud.

J’ai des souvenirs très précis de mes premiers mouchoirs à carreaux.  Assortis à ceux de mon père qui sentaient le tabac à pipe ou la sueur de cheval.

Bizarrement, je n’ai aucun souvenir de mouchoirs en papier.  Ces objets sans charme, à usage unique que l’on expédie par milliers à la poubelle ou au feu sans le moindre remord… Selon le site Consoglobe, il s’en consommerait plus de « 20 milliards en France, 300 milliards aux Etats-Unis. Leur fabrication aurait un impact écologique considérable. Il faut couper des arbres, beaucoup d’arbres. Il faut aussi de l’eau. « mouchoirs usagés

« Pour produire une tonne de papier, poursuit le rédacteur de cet article qui compare les deux types de mouchoirs (jetables et réutilisables), il faut pomper entre 100 et 200 tonnes d’eau qu’il faudra ensuite éliminer pour obtenir du papier sec. Par ailleurs, la majorité des mouchoirs jetables sont blanchis au chlore ce qui constitue une autre source de pollution mais également un risque allergène pour les personnes à la peau réactive. « 

En attendant, bien loin de se douter de ce son mouchoir a déclenché, le vieux monsieur a repris la lecture de l’Equipe. Un papier sur les jeux paralympiques de Sotchi.

Sotchi? A vos souhaits….