Pourquoi j’écris

Commentaires 6 Par défaut

Lorsque que l’on me demande  parfois pourquoi je tiens un blog, la première réponse qui me vient à l’esprit, c’est que j’aime jouer avec les mots et raconter des histoires. Et cela depuis toujours. Enfant, mon petit frère, ma sœur et moi dormions dans la même chambre… Au-dessus du salon où mes parents regardaient la télévision en noir et blanc, puis en couleur.  Dès l’extinction des feux, pour surmonter mes angoisses nocturnes, que des  génériques comme celui des Dossiers de l’écran provoquaient,  j’entrais en scène avec mes aventures que je leur chuchotais à lueur d’une petite veilleuse qui projetait sur le mur une image de Pinocchio. Des histoires à la troisième personne du singulier où le personnage principal, Emmanuel Romer, qui n’avait peur de rien ni de personne  multipliait les exploits et séduisait (déjà !) les plus belles filles. Cela faisait souvent rire mon frère et ma sœur au point de nous trahir auprès de ma mère censée faire respecter les règles.

En grandissant, j’ai continué à raconter ou à défaut,  à imaginer des histoires, pour me couper du quotidien, à tel point qu’on pouvait lire sur mes  bulletins scolaires : « Le corps est bien là, mais l’esprit est ailleurs » ou « Emmanuel est dans son monde ». Pour soigner le mal par le mal mon paternel a décidé de me faire à écrire chaque jour. Une gymnastique quotidienne censée, je suppose,  libérer ma créativité  et mettre de l’ordre dans mes idées qui avaient tendance à partir dans tous les sens.

Au départ, cela me rebutait et je luttais par tous les moyens pour y échapper. Lorsqu’un jour, on me demanda de raconter mes vacances, il ne me fallut que quelques lignes pour expédier l’affaire… « Cet été, nous avons pris l’avion. Il a décollé et s’est écrasé. Fin des vacances… »

Etrangement, mon père y vit une forme d’intelligence, moi de la fierté dans ses yeux comme à chaque fois que j’écrivais  une bonne histoire selon ses critères. Alors petit à petit, je me suis pris au jeu. De rédaction en rédaction,  j’ai commencé à prendre du plaisir à écrire et à  lui lire ma production guettant à chaque fois ses réactions… Il n’est plus là pour lire mon blog mais à chaque fois que j’écris une chronique, je pense à lui.

Pourquoi les stars sont malheureuses ?

Poster un commentaire Par défaut

Barbie prend le trainLe train s’approche de la Gare de Lyon. De nombreux passagers  attendent déjà dans l’allée centrale. Les visages sont fermés, tendus, impatients. Jour de semaine oblige, la plupart sont des salariés qui se rendent à Paris pour travailler, se former, vendre, acheter…

Une petite fille métisse et sa maman sont assises sur les strapontins près de la sortie avec une grosse valise encombrante.

La petite, porte sac à dos Dora l’exploratrice très usé  et un « doudou » à l’effigie du même personnage de série pour enfants. Elle se tord dans tous les sens, danse d’un pied sur l’autre, maltraite une mèche de ses longs cheveux bouclés, porte des regards appuyés aux personnes autour d’eux.

Sentant l’excitation de sa petite monter, sa mère tente de la canaliser en exerçant de petites pressions sur l’avant-bras et en lui chuchotant des mises en gardes.

– Maman?  Demande la petite. Maman?

– Oui ?

– Pourquoi les stars sont malheureuses?

– Parce qu’elles ont trop d’argent !

Les passagers échangent des regards amusés. La petite réfléchit.

– C’est bizarre ce que tu me dis, poursuit la petite en prenant un air songeur. Barbie, elle est riche, mais elle n’est jamais malheureuse…

– Arrête de parler tout le temps. Tu nous casse les pieds…

La petite réfléchit à nouveau.

-Maman ?

-Oui pupuce ?

– Ratatouille a dit que la vie était faite de changements. C’est possible de changer de parents?

– Non, pupuce, les parents c’est pour la vie… Ratatouille c’est un film. Maintenant faut que tu te concentre on arrive à Paris. Je voudrais pas te perdre dans le  RER.

Comme on dit à la SNCF  : le train, du bon temps à petit prix.