Cinquante nuances de rose

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Ce soir c’est calme. Remarquablement paisible.

Je suis au fond de la voiture 8 comme à mon habitude. La nuit est tombée, le train démarre, j’étends mes jambes, la tête calée contre le dossier,  les bras croisés sur le ventre, je m’endors.

Le chuintement d’une canette qu’on ouvre me réveille. Deux grands yeux sombres me fixent. Une femme est assise en face de moi toute de rose vêtue. Du serre-tête en laine, aux bottines, en passant par le rouge à lèvres, le vernis à ongles, le sac à main ou encore la coque de protection de son portable cette femme est un nuancier de roses.

Elle a de longs cheveux noirs, une bouille ronde, le teint pâle; deux énormes seins qui pendouillent mollement sous un pull rose informe; des cuisses boursouflées de cellulite, comprimées par un pantalon en simili cuir… rose. Elle sent la fraise.

Elle ne me quitte pas des yeux en sirotant une boisson énergisante à la taurine.

Engourdi par le sommeil et une longue journée, je ne sais pas comment réagir. Je jette un oeil au paysage,  à mes chaussures toutes neuves, mon téléphone…  sentant son regard sur moi.

Au bout de quelques minutes, prenant mon courage à deux mains, je tente un sourire  auquel elle me répond d’une voix haut perchée un peu niaise :

On se connait ?

non.

Ah bon… J’aurais cru, ajoute-elle en se levant et avant de s’éloigner et de disparaître en dodelinant du fessier…

Confidences pour confidences

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IMG_0227Vendredi soir, départ en week-end oblige, le train est complet.  Ma voisine du soir est une jolie jeune femme souriante qui me gratifie d’un « bonjour » enthousiaste lorsque je m’installe. Elle lit Courrier International dont la une demande Et si Daesh avait déjà gagné? Une question brulante un jour où l’islamisme radical a frappé trois fois : en France, en Tunisie et au Koweit faisant respectivement 1, 38 et 27 morts.

Dans le train,  la vie continue. A ma gauche, la voix forte et sans gène d’une femme attire mon attention et celle des autres personnes autour de nous…

C’est un pervers narcissique, un vampire émotionnel, explique une blonde à lunettes à son vis-à-vis bedonnant dont l’arrière du crâne chauve luit au soleil. Avec ses couettes, son nez retroussé et ses grands yeux ronds, le visage de la jeune fille évoque celui d’une gamine. Son attitude et sa tenue, une jupe très courte et chemisier vaporeux, celui d’une jeune femme plus âgée.

Il est toujours négatif, vieux dans sa tête et dans son corps, poursuit-elle à un débit qui donne le vertige. Il est pantouflard, mou… Il vit au jour le jour, c’est une plaie…. Et son rapport avec le fric parlons-en…. Toute nos économies sont parties dans la rénovation de sa baraque, il veut tout faire tout seul, mai il ne sait rien faire correctement… J’aimerais qu’il me propose de partir en vacance, d’aller au restaurant, une petite sortie en amoureux sans Mathilde, mais c’est toujours trop cher à son goût. Le week-end dernier, il m’a invité au Macdo avec la petite. Tu sais quoi ? C’est moi qui ai payé… Il avait oublié sa carte.

L’homme en face, penché en avant acquiesce et ponctue la conversation avec des : C’est pas vrais ? Vrai
ment ? Ah bon ? Oh merde alors… Tu n’as vraiment pas de chance…

Tu ne trouves pas qu’il a beaucoup grossit ces derniers temps? lui demande-t-elle.

Effectivement. Il devrait prendre soin de lui… Comme toi… Tu es magnifique.

Tu ne serais pas entrain de me draguer ? Je suis flattée mais tu sais, tu es comme un frère pour moi et j’aime Michel.