Depuis le 1er décembre, tout retard au-delà de 30 minutes est indemnisé par la SNCF

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Depuis le 1 er décembre, SNCF indemnise passagers des TGV et Intercités qui accusent un retard d’au moins 30 minutes à leur arrivée, quel qu’en soit le motif, une garantie «plus avantageuse» que la règle européenne en vigueur.

Jusqu’à présent, la SNCF dédommageait uniquement les passagers si le retard lui était imputable, y compris en cas de grève lorsque les horaires des trains étaient connus. Cette règle excluait les aléas externes comme les incidents météorologiques ou les actes de malveillance qui représentent un tiers des retards», selon la SNCF.

L’usager pourra faire une demande de dédommagement en ligne, sur le lien «garantie ponctualité» du site SNCF, dès l’arrivée du train. Il obtiendra «un bon d’achat en 48h» et pourra l’utiliser «sur tous les canaux» et «en plusieurs fois s’il le souhaite».

Le barème de l’indemnisation est le suivant :  25% pour un retard de 30 minutes à 2 heures, 50% entre 2h et 3h et 75% au-delà.

Selon la compagnie ferroviaire, le taux de régularité des TGV est de 89,8% depuis le début de l’année, celui des Intercités de 88,7%.

Vieux frères

Commentaires 2 Par défaut

Lundi 18 août. 21 h 30. Gare de Besançon TGV.

Bonjour, Je suis bien dans la voiture 7?

Un vieux monsieur tout sec, sans bagage, coiffé d’un béret, sentant l’eau de Cologne et le tabac froid, se penche au dessus de moi avec des yeux bleus qui crient à l’aide.

Oui, c’est bien la voiture 7.

Je cherche la place 44, je ne trouve pas de place 44…. Ses mains tremblent lorsqu’il me tend son billet. J’espère que je ne me suis pas trompé.

Sans mes lunettes, je suis incapable de lire ce qui est écrit sur son billet :

Installez-vous où vous voulez, le train est vide.

Vous croyez? Je ne voudrais pas avoir des ennuis en prenant la place de quelqu’un…

Croyez-moi,  à cette-heure là, il n’y a plus personne… Le contrôleur passe rarement. Vous pouvez  vous installer ou vous voulez, le train est à nous deux…

Il se glisse péniblement en face de moi. Je me redresse pour le laisser passer. Le train démarre, il se retrouve assis à cheval sur l’accoudoir séparant les deux sièges.

Son complet, trop juste au niveaux des bras et des jambes amplifie le grotesque de la scène.  Il s’éponge le front avec un mouchoir en tissus soigneusement plié dans sa poche.

Il me  demande si le train va bien à Mulhouse, les mains sagement posées sur les cuisses, le regard noyé dans la nuit qui défile. Son visage anguleux se reflète dans la vitre avec les néons et les dossiers des sièges. Des larmes argentées perlent sur ses joues.

Tout va bien ?

Oui… Je suis juste un peu ému, me dit-il en essuyant son visage d’un revers de manche en reniflant bruyamment. C’est que voilà longtemps que j’avais pas voyagé en train. Je vais voir mon jumeau. La dernière fois qu’on s’est vu, c’est à l’enterrement de papa et maman en septembre 72, après l’incendie. Depuis nous ne nous parlons plus.

J’ai perdu ma femme l’année passée. J’ai 88 ans, comme lui, je suis seul, comme lui. Il est malade comme moi. Faut qu’on s’explique. Ce n’est pas possible de continuer comme cela. Tout ça pour une histoire de terrain. C’est trop bête…

Je l’écoute, pas vraiment certain qu’il s’adresse à moi. Il chuchote plus qu’il ne parle et ne quitte pas son reflet du regard.

L’arrivée en gare de Belfort étant imminente, je me lève. Il me regarde. Me demande si nous arrivons à Mulhouse.

Mulhouse c’est l’arrêt suivant. Le terminus. Je lui serre la main en lui souhaitant bonne chance. Il me remercie et me souhaite une bonne soirée.