Fiché P… comme Parano ?

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alertebombecorsecorsicaLe train de ce matin n’est pas totalement plein. Il reste des places au fond de la voiture 8, mon deuxième chez moi. Je m’affale. Bercé par le chuchotement de deux jeunes pipelettes situées trois rangées de sièges dans mon dos je pique du nez.

Excusez-moi… me  lance un  jeune barbu, d’origine nord-africaine, en souriant. Il s’installe sur les sièges en face de moi en soupirant de soulagement.   » Je peux enfin étendre mes jambes », ajoute-t-il avant de se mettre à pianoter nerveusement sur son téléphone en se mordant la lèvre inférieure.  Ses boutons de chemise baillent sous la pression  de son ventre.

Je cherche à me rendormir lorsqu’il se lève d’un bond et quitte sa place précipitamment. Le paysage défile  à toute allure. Devant moi sur le siège, un petit sac à dos me fait face. Je regarde par dessus mon épaule. Mon voisin a disparu. Je regarde ce petit sac et je commence à cogiter tout en me disant : non pas toi.  Si ce mec n’était pas barbu et d’origine nord africaine aurais-tu ce genre de pensée?  Certainement pas. Alors reprend-toi en main…Pas toi….

Rien à faire. Je regarde ce maudit sac et je me demande si, au cas ou je ne devrais pas envoyer un SMS à mes enfants. Mais tu es con mon gars. Tu dérailles… Le train semble aller de plus en plus vite… J’imagine. En tête du train, au niveau de la motrice… Arrêtes…. Pas toi…

Je regarderais bien dans le sac. Juste pour vérifier.  Mauvaise idée. Et si le type reviens et que tu es  en train de fouiller dans son sac?  Je repense à ma nuit, paisible. Ma journée de la veille, bien remplie, au déjeuner avec une charmante collègue,  quand mon voisin réapparait essoufflé avec des auréoles sous les bras. Il  me sourit benoitement :  « Heureusement qu’il y a des prises dans les toilettes, j’ai faillis perdre mon jeu. C’est la première fois que j’arrive à ce niveau.  Trop la chance…. « 

Une forte odeur de brûlé

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Dans le 6707 à destination de Belfort TGV.

Par fainéantise et crainte de raconter sans cesse la même chose, mes chroniques se font rares. Je vois, je note, et passe à autre chose en me souvenant avoir déjà évoqué ce type de situation. L’aventure du 29 septembre étant, en ce qui me concerne, inédite, je reviens sur les faits…

En rentrant ce soir-là à bord du TGV 6707 à destination de Mulhouse ville (j’entends la voix de Simone !), nous nous arrêtons à un quart d’heure de Dijon après avoir roulé au pas pendant quelques minutes (ce qui n’annonce jamais rien de bon !).

Jingle. Le contrôleur qui venait d’annoncer l’arrivée prochaine à Dijon, reprend la parole. Flegmatique, il explique que nous sommes arrêtés en pleine voie et qu’il ne faut surtout pas tenter d’ouvrir les portes… Soupirs, hochements de têtes, grimaces d’amertume, regards entendus… Les minutes passent. Dehors, tout est noir. Dans les allées, les bagages qui commencent à peser passent d’une main dans l’autre.

Jingle. Un problème de gestion du trafic en gare de Dijon est annoncé.

Tic-tac tic-tac. Jingle. Message solennel : « Des fumées et odeurs suspectes ont été détectées dans le tunnel de Blaizy-bas, long de 4 kilomètres. Nos équipes techniques et les pompiers se rendent sur place. Nous sommes bloqués sur place pour une durée indéterminée… » Le chef de bord, redonne la même information en anglais.

Les visages se ferment, les usagers regagnent leurs places la mort dans l’âme (j’adore cette expression !). Puis, les langues se délient, les voisins qui jusque-là s’ignoraient, échangent sur leurs situations personnelles… Ici, une correspondance compromise, là, un conjoint qui attend en gare…

Chacun y va de son interprétation. Derrière moi, un quinquagénaire, ventre plat et dents blanches, prend en charge ses jeunes voisines de retour d’une formation… Il a déjà vécu ce type de situation… Il voyage beaucoup, prend souvent ce train qui est toujours en retard.

Deux Suissesses quadragénaires, parfumées et sportives (une francophone et germanophone !) s’installent à côté de moi, elles étaient en première classe. Elles ont remonté le train pensant gagner du temps. Elles découvrent avec stupéfaction que la seconde n’est pas si inconfortable et mal fréquentée… Elles décident même de s’y installer. En attendant.

À peine assises, elles dégainent leurs smartphones, informent leurs proches du retard « indéterminé ». Avec l’accent allemand le mot gagne en intensité dramatique. Leurs mouvements synchronisés et fluides me fascinent…

Pendant près de quatre heures, les messages vont se succéder nous rendant compte, en Français et en anglais, de l’évolution de la situation… Les images des pompiers et des agents de la SNCF, pénétrant dans le tunnel en tenue, leur combat contre les flammes, puis leur retrait, vont défiler sous nos yeux.

Vers minuit trente, la situation dans le tunnel étant sous contrôle, les pompiers en route pour leur caserne, les agents vers leurs postes, le train va se remettre en route, progressivement, en tanguant. Bercé par la voix du chef de bord égrenant la liste des correspondances maintenues ou annulée, les heures d’arrivée dans les différentes gares, la mise en place de la garantie voyage, le remboursement du billet, je lutte contre l’envie de m’endormir et me retrouver à Mulhouse…

Quelques heures plus tard, curieux d’en savoir plus, je chercherai des informations sur internet. Le site du Bien public évoque l’affaire… Elle se résume à une fausse alerte incendie, une « double » inspection du site suspect par les pompiers, la paralysie du trafic ferroviaire pendant des heures et le déclenchement du plan ravitaillement…