Une forte odeur de brûlé

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Dans le 6707 à destination de Belfort TGV.

Par fainéantise et crainte de raconter sans cesse la même chose, mes chroniques se font rares. Je vois, je note, et passe à autre chose en me souvenant avoir déjà évoqué ce type de situation. L’aventure du 29 septembre étant, en ce qui me concerne, inédite, je reviens sur les faits…

En rentrant ce soir-là à bord du TGV 6707 à destination de Mulhouse ville (j’entends la voix de Simone !), nous nous arrêtons à un quart d’heure de Dijon après avoir roulé au pas pendant quelques minutes (ce qui n’annonce jamais rien de bon !).

Jingle. Le contrôleur qui venait d’annoncer l’arrivée prochaine à Dijon, reprend la parole. Flegmatique, il explique que nous sommes arrêtés en pleine voie et qu’il ne faut surtout pas tenter d’ouvrir les portes… Soupirs, hochements de têtes, grimaces d’amertume, regards entendus… Les minutes passent. Dehors, tout est noir. Dans les allées, les bagages qui commencent à peser passent d’une main dans l’autre.

Jingle. Un problème de gestion du trafic en gare de Dijon est annoncé.

Tic-tac tic-tac. Jingle. Message solennel : « Des fumées et odeurs suspectes ont été détectées dans le tunnel de Blaizy-bas, long de 4 kilomètres. Nos équipes techniques et les pompiers se rendent sur place. Nous sommes bloqués sur place pour une durée indéterminée… » Le chef de bord, redonne la même information en anglais.

Les visages se ferment, les usagers regagnent leurs places la mort dans l’âme (j’adore cette expression !). Puis, les langues se délient, les voisins qui jusque-là s’ignoraient, échangent sur leurs situations personnelles… Ici, une correspondance compromise, là, un conjoint qui attend en gare…

Chacun y va de son interprétation. Derrière moi, un quinquagénaire, ventre plat et dents blanches, prend en charge ses jeunes voisines de retour d’une formation… Il a déjà vécu ce type de situation… Il voyage beaucoup, prend souvent ce train qui est toujours en retard.

Deux Suissesses quadragénaires, parfumées et sportives (une francophone et germanophone !) s’installent à côté de moi, elles étaient en première classe. Elles ont remonté le train pensant gagner du temps. Elles découvrent avec stupéfaction que la seconde n’est pas si inconfortable et mal fréquentée… Elles décident même de s’y installer. En attendant.

À peine assises, elles dégainent leurs smartphones, informent leurs proches du retard « indéterminé ». Avec l’accent allemand le mot gagne en intensité dramatique. Leurs mouvements synchronisés et fluides me fascinent…

Pendant près de quatre heures, les messages vont se succéder nous rendant compte, en Français et en anglais, de l’évolution de la situation… Les images des pompiers et des agents de la SNCF, pénétrant dans le tunnel en tenue, leur combat contre les flammes, puis leur retrait, vont défiler sous nos yeux.

Vers minuit trente, la situation dans le tunnel étant sous contrôle, les pompiers en route pour leur caserne, les agents vers leurs postes, le train va se remettre en route, progressivement, en tanguant. Bercé par la voix du chef de bord égrenant la liste des correspondances maintenues ou annulée, les heures d’arrivée dans les différentes gares, la mise en place de la garantie voyage, le remboursement du billet, je lutte contre l’envie de m’endormir et me retrouver à Mulhouse…

Quelques heures plus tard, curieux d’en savoir plus, je chercherai des informations sur internet. Le site du Bien public évoque l’affaire… Elle se résume à une fausse alerte incendie, une « double » inspection du site suspect par les pompiers, la paralysie du trafic ferroviaire pendant des heures et le déclenchement du plan ravitaillement…

Et une raison de plus de pester contre la SNCF

Commentaires 4 Par défaut

copy2_TGVLa grande maison SNCF aurait-elle des penchants masochistes? Une chose est certaine elle adore donner à ses clients des occasions de la maudire.

Je travaille un dimanche sur deux. Pour me rendre à Paris, je dois prendre le TGV Mulhouse/Lille de  6 h14 à Belfort/TGV, jusqu’à Besançon/TGV où je reprends le train pour Paris. C’est le seul qui me permette d’arriver à l’heure au journal le dimanche.

Ce train de 6 H 14, la SNCF semble l’avoir supprimé  définitivement en mai sans avoir pris la peine de prévenir personne. Lorsque l’on demande aux contrôleurs ou aux agents dans les gares, ils prétendent ne rien savoir. Quelques uns m’ont expliqué que ce train n’était pas rentable. Ce que je peux comprendre. Mais pourquoi ne pas prévenir les clients et ne rien mettre en place  comme solution de rechange.

A partir du mois de mai, le dimanche,  je vais devoir aller prendre mon train à Besançon. Une heure et dix minutes de trajet en voiture, payer une journée de parking et reprendre la route le soir… Des frais en plus pour ma pomme.

Un grand merci à la SNCF…