Les abrutis font la paire

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Le TGV de 6h 07  file à destination de Paris fendant la brume repue d’eau. Le jour se lève. Calme plat dans la voiture 7.  Ma voisine dort la bouche ouverte, la tête appuyée contre la fenêtre, un roman, La vie en mieux, d’Anna Gavalda, sur les genoux. Un téléphone dans une main un mouchoir en papier dans l’autre.

J’écoute la Symphonie N3 de Mahler en lisant l’excellent dernier roman de Pascal Dessaint, Le chemin s’arrêtera là (Éd. Rivages/Thriller). C’est pas franchement joyeux comme livre mais quel talent… a vous décourager d’écrire pour vous encourager à lire et lire encore pour le bonheur des phrases bien tournées.

La porte coulissante s’ouvre, une grande brune, fort jolie, remonte péniblement l’allée centrale un bébé souriant dans les bras, avec une seule préoccupation, ne pas perdre l’équilibre.

Deux types bedonnants, d’une quarantaine d’années, habillés comme de mauvais vendeurs de voitures d’occasions,  interrompent leur conversation pour lancer des regards concupiscents à la jeune femme. J’enlève mes écouteurs.

T’as pas honte, dis-le premier.

Honte de quoi, répond l’autre avec un rire gras.

T’es pas marié mon cochon ?

Et alors, y pas de mal à regarder. Regarder n’est pas tromper…(rires gras)

Au fait, la jolie petite maghrébine qui bossait chez toi, cet été, tu l’as toujours ?

Oui, jusqu’à la fin avril…

Un beau petit lot… Monsieur ne se refuse rien. Tu vas l’adopter ?

Non. Elle bosse bien, les clients sont contents, j’en suis content. Mais je ne vais pas renouveler son contrat…

C’est con. Pourquoi ?

L’autre soir, en faisant l’inventaires, la petite ma confié qu’elle comptait se marier au printemps… Je suis prêt à parier que si je la passe en CDI, neuf mois après elle sera congé maternité et moi dans la merde. J’ai pas envie de passer pour un con…

Je te comprends d’autant que ces nanas du sud, quant elles commencent elles s’arrêtent plus… (Rires gras)

Trois bonnes copines en goguette à Belfort

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le-lion-de-belfort-sera-au-centre-de-toutes-les-fe-15856-1200-630Vendredi 22 août. Le TGV fend la Seine-et-Marne à 242 km/h en direction de Dijon.

Le train d’aujourd’hui est l’un des plus moderne qu’il m’ait été donné d’emprunter jusqu’à maintenant. La vitesse est affichée sur un écran dans chaque compartiment.

Trois jolies jeunes filles entre 25 et 30 ans, sont installées sur les sièges à ma gauche. Deux brunes et une blonde.

J’ai mon casque sur la tête. Je lis le dernier roman de Marcus Malte, Fannie et Freddie, dont la sortie est prévue le 2 octobre. Pour ceux et celles qui le connaissent pas, il est l’auteur de Garden of Love (Ed. Zulma) un roman magnifique.

J’ai du mal à me concentrer tant la joie de vivre des trois jeunes filles s’exprime sans retenue. Des éclats de rires tonitruants.

Parfois, elles s’accordent une pause, pour pianoter sur leurs téléphones. Des pauses jamais bien longues, l’envie de partager le contenu de leurs messages étant plus fort que tout. et les rires reprennent.

269 km/h. Atelier potins mondains. Elles épluchent une multitude de magazines spécialisés. Certaines photos provoquent d’intenses débats sur le charme et le beauté de tel ou tel acteur, les aventures extraconjugales de telle ou telle starlette. Sans prévenir,  le débat dérape sur la nécessité de s’appliquer de la crème solaire de marque plusieurs fois par jours fait recette.

Encore faudrait-il qu’il y est du soleil, fait remarquer judicieusement l’une d’elle, précisant, en que pour la première fois depuis des années elle n’a pas la marque du maillot. Elle tire sur son T-shirt, accentuant l’échancrure de son décolleté laiteux. Rires…

Moi, précise une autre je ne mets jamais de maillot, je bronze à poil… Rires.

266 km/h. Le ciel se charge de nuages noirs. La lumière est magnifique. Dans les champs, à l’orée des forêts, on aperçoit des chevreuils…

L’une des filles sort un paquet de chips, l’autre des mini-saucissons secs, des tomates-cerises …

J’ai la tête qui tourne. L’estomac qui gargouille. Elles prennent leur temps, mâchent la bouche entre-ouverte. Croquent les saucissons en les tenant du bout des doigts comme si elles faisaient sécher leur vernis à ongle.

J’en peux plus. L’odeur des chips arrive à mes narines. Je bois de l’eau gazeuse pour oublier.

Alors, c’est comment Belfort demande subitement l’une d’elles.

Comment ça, c’est comment ? Je comprends pas ta question… répond la jeune fille interrogée, la bouche pleine. Elle rit. Tousse. Des petits bouts de chips sont pulvérisés dans l’air.

On va faire quoi pendant quatre jours  à Belfort ? Tu a une idée ? demande la blonde.

C’est grand comment ? demande la brune..

Tes parents vivent dans Belfort ? relance la blonde

Non à côté.

Pas trop loin j’espère…. Y a des bus, un tram, un métro ? Rires

Mes parents m’ont laissé leur voiture.

Génial, répondent les deux autres.

Eh les filles, un apéro dinatoire avec une partie de Scrabble, ça vous tente ? Relance la blonde.  Rires.

Tu as vu cela où ? demande la brune.

J’ai tapé « Sortir à Belfort » et j’ai trouvé cette annonce et d’autres… Y a même des plans culs avec des photos…

Super, crient les trois en coeur…. Elles se penchent pour vérifier l’info.

Ils font peur, tes Alsaciens.

La jeune fille originaire de Belfort ravale sa salive. Eh les cocottes. Belfort n’est pas en Alsace et elle est belle ma ville. Faut arrêter de faire comme si je vous embarquais dans le trou du cul du monde.

On rigole. Rires.

Tu comptes ouvrir ta pharmacie dans la région ?

Pourquoi pas… Pour débuter ma région en vaut une autre.

Pour se payer une bonne tranche de rigolade entre copine aussi suis-je en train de penser alors que le contrôleur annonce l’arrivée en gare de Belfort…