Le rire des uns fait parfois le malheur des autres….

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rire-comme-chevalPlus le temps passe, moins je supporte les nuisances qu’elles soient sonores  olfactives ou d’autre nature. Entre les gens qui parlent fort, téléphonent, mangent des plats qui empestent, s’assoient les jambes largement écartées, glissent leurs bagages sous leur siège vous empêchant d’étendre vos jambes, vernissent leurs ongles pendant des plombes, vont aux toilettes toutes les dix minutes, ronflent lorsqu’ils dorment, vous labourent les côtes avec leurs coudes, vous font sentir que vous n’êtes pas le bienvenu lorsque lorsque votre place est à côté d’eux…. la liste  semble interminable et s’enrichir en permanence. Il me semble parfois que dans ce domaine l’imagination de certaines personnes semble sans limite…

Ce matin, mon voisin est un jeune et grand barbu. Il a le poil noir, le crâne rasé, le front luisant, une dentition de cheval. Des lunettes rectangulaires aux épaisses montures. Une veste de costume sombre avec des coudières en cuir, un pantalon et des chaussures militaires et sent la vanille.

Il sourit, salue et s’installe, sort de sa besace toute neuve en cuir végétal naturel, un ordinateur couvert d’autocollants appelant à l’insurrection contre le pouvoir, les patrons et le nucléaire. Il le déplie, tape à toute vitesse et sans se tromper un mot de passe à rallonge.

Bercé par la routine, ma musique, le roulis et l’heure matinale, je m’endors. Je suis réveillé en sursaut quelques minutes plus tard. Mon voisin rit aux éclats. Il regarde un film. Nos regards se croisent furtivement. Il reprend son visionnage comme si de rien n’était. J’inspire, expire, me cale dans mon siège, plaque les écouteurs dans mes oreilles, monte le son au-delà du raisonnable et je ferme les yeux. Je n’aurai pas le temps de m’endormir. Il rit à nouveau. Si fort qu’il en crache ses poumons.
Quelques usagers se retournent interloqués. Lui s’en contrefiche. Il rit de plus belle. Martelant le sol avec ses brodequins.

Au moment où je me lève pour aller en quête d’un peu plus de tranquillité, mon regard croise celui d’un couple tendrement enlacé trois rangées de sièges plus loin. J’y lis de la compassion et un appel a ne pas céder à la tentation de penser que ce monde est décidément peuplé d’un nombre impressionnant de gens dont le seul but dans leur existence est de pourrir la vôtre.