Confinés : quand la continuité pédagogique m’a tuer

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Le confinement prolongé peut avoir des conséquences psychiques comme des symptômes anxieux et dépressifs… Eh oui. Je sais. Il est mal venu de se plaindre lorsque des hommes et des femmes prennent des risques potentiellement mortels pour en sauver d’autres ou simplement assurer nos besoins quotidiens… 

C’est obscène de se plaindre par les temps qui courrent. Je suis entièrement d’accord… A une exception près, lorsque votre plus jeune enfant, en CM1, débarque à 8 heures avec le petit mot suivant : « Un maire veut installer un champ d ‘éoliennes : il commande 204 pales. Il faut trois pales pour construire une éolienne. Combien d’éoliennes seront installées ? » Ne peux-t-on pas faire une petite entorse à c e principe qu’il y a plus malheureux que nous… 

Dans un premier temps, j’ai envie de lui répondre va voir ta mère…. mais elle n’est pas là. Ou alors : les éoliennes c’est moche, ça fait du bruit… Mais je me ravise et je l’invite, un peu coupable, à se creuser les méninges pour trouver la solution lui-même… J’ai du boulot coco. 

C’est au nom de la foutue Continuité pédagogique que je retrouve dans cette situation comme des millions de parents confinés… Lorsque le confinement a été mis en place le 16 mars dernier, les enfants se sont retrouvés à la maison et nous nous sommes tous improvisés dès le 17 mars, instituteurs et professeurs auxiliaires.

Dans un premier temps, nous avons vu des enseignants, complètement pris au dépourvu nous envoyer des instructions dans tous les sens, avec des indications et des contre-indications, des documents impossibles à ouvrir dans des versions de logiciels souvent obsolètes… Puis les choses se sont organisées. Ils ont pris de l’assurance les bougres et ont commencé à nous bombarder de jour comme de nuit de mails avec à chaque fois un petit : vous faites comme vous pouvez, limite condescendant. 

Résultat, des tonnes de papiers à imprimer, de pages internet à ouvrir, des problèmes à régler, des consignes à déchiffrer, des additions, des soustractions à vérifier, de la grammaire, des dictées, de la géographie… Et même de l’Allemand avec le plus grand qui est en 6e… 

Quand on a aimé l’école comme je l’ai aimé, qu’on a été l’élève que j’ai été (il suffit de lire mes billets de blog pour le comprendre!), se retrouver dans cette situation a de quoi vous donner des boutons…

Confinés : Disparaître avec Mathieu Menegaux

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Disparaître, De Mathieu Menegaux. Grasset. 210 p., 18 €

A Paris, rue des Trois-frère, dans le quartier des Abesses, une toute jeune femme se défenestre. Pour la police, le suicide ne fait pas de doute, l’affaire est classée. A Nice, un homme noyé échoue sur une plage, son corps est impossible à identifier. L’extrémité de ses doigts a été brûlée, et le séjour prolongé dans l’eau ont déformé son visage.

Cette affaire qui de toute évidence « pue » et s’annonce compliquée est confiée au capitaine Grondin, un parisien nouvellement affecté sur la Côte d’Azur.

Si je dois avouer avoir déviné assez vite le dénouement de cette histoire, la lecture de ce roman n’en reste pas moins addictive comme annoncé dans la quatrième de couverture. L’auteur dont les trois derniers romans chez Grasset ont été primés – Je me suis tue, (2015), Un fils parfait (2017), Est-ce ainsi que les hommes jugent ? (2018)- maîtrise bien l’art de la narration. Le style est agréable. Une belle découverte.

Confinés : Et si nous descendions la rivière avec Edward Abbey

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En descendant la rivière, d’Edward Abbey. Gallmeister. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jacques Mailhos. 238 p., 22 euros

Ce livre publié dans sa version originale en 1982 regroupe des essais autobiographiques, politiques et philosophiques écris entre 1978 et 1982. Des textes truffés de références culturelles, littéraires qui vous embarquent à la découverte des grands espaces sauvages américains, la grande cause de cet immense personnage.

Nous sommes des années après la publication de son mythique Désert solitaire (1968) et de ses romans comme : Le gang de la clé à molette (1975), Le feu sur la montagne (1962), Seuls sont les indomptés (1956)…

Edward Abbey (1927-1989) est l’un de mes auteurs américains favoris. Ces textes poétiques, provocateurs, drôles ont cette incroyable capacité à vous tirer de la mélancolie dans laquelle vous pouvez vous trouver en passant par des moments difficiles…

Confinés : Et si on se laissait tenter par l’Islande

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Petite sélection de romans et polars islandais.

Il n’en revint que trois, de Gudbergur Bergsson, Traduit de l’islandais par Éric Boury, Éd. Métailié, 208 p., 18 €

​​​​​Dans une ferme isolée entre l’océan, des montagnes et un mystérieux champ de laves, vivent le Vieux, incontinent, râleur et alité, la Vieille, pieuse et soucieuse de l’avenir de ses petites-filles, le Fils, chasseur et observateur cynique, et le Gamin… La vie que mènent ces personnages pittoresques est rude, dénuée de sentiments, monotone, rythmée par les saisons, les corvées, les prières quotidiennes.

Quelques nouvelles du reste du monde, pas très rassurantes, leur parviennent, colportées par de très rares visiteurs. Lorsque les échos de la Seconde Guerre mondiale atteignent la ferme, que les troupes britanniques puis américaines commencent à débarquer avec leur musique, leur argent, leur technologie…, cet univers rassurant pour les plus anciens vacille et puis chavire… Les filles partent, leur désir d’ailleurs prenant le dessus.

Avec cette savoureuse métaphore, l’auteur raconte comment son île (dont il décrit remarquablement bien les somptueux paysages !), est passée d’une vie inchangée depuis des siècles à la modernité et les conséquences que ces bouleversements ont eues sur les mentalités et les mœurs des Islandais. Avec un ton souvent tranquille, une plume fine et sans concession, il dresse ici un portrait fascinant mais pas très flatteur de cette société.

Les Rois d’Islande, d’Einar Mar Gudmundsson, Traduit de l’islandais par Eric Boury. Zulma, 336 p., 21 €

Tangavik, un modeste village de pêcheurs devenu une florissante cité maritime, est le berceau des Knudsen, une famille hors norme. Prenons Ast­val­dur. Tout jeune dans une tempête, près d’un récif de basalte, il crie à l’équipage : « On saute ! » Mais lui seul s’élance. Quand l’embarcation revient au même point, ses compagnons bondissent juste avant qu’elle ne se fracasse sur un rocher.

Ce n’est là qu’un des exploits d’Astvaldur, doté d’une capacité inouïe à s’orienter dans la brume et à reconnaître à mille lieues un imbécile. Tous les Islandais s’estiment apparentés à de nobles lignées. Chez les Knudsen règne l’assurance tranquille d’être les rois d’Islande, malgré pléthore d’ivrognes, de bandits et d’idiots notoires.

Dans cette anti-saga, Gudmundsson passe joyeusement de l’un à l’autre sans souci de chronologie dans un vivifiant maelström. Au passage, il pose un regard sagace sur l’histoire islandaise, décrypte avec humour les mœurs de ses concitoyens et égratigne avec allégresse leurs dirigeants.

L’homme qui vola sa liberté, de Gisli Palsson Traduit de l’anglais (Islande) par Carine Chichereau, Gaïa, 322 p,, 22 €

Naître esclave sur une plantation des Antilles et arracher son émancipation dix-huit ans plus tard en Islande, telle est la fascinante trajectoire de Hans Jonathan. Il naît en 1784 à Sainte-Croix, une colonie danoise, d’un père blanc et d’une mère noire esclave. Lorsque leur « propriétaire » rentre à Copenhague, elle ramène avec elle la mère et l’enfant.

Esclave éduqué, Hans Jonathan s’enfuit à 17 ans pour s’enrôler dans l’armée danoise où ses supérieurs l’apprécient. À son retour, il veut être affranchi. Sa propriétaire refuse, et s’ouvre un procès retentissant que Hans Jonathan perd. À nouveau il s’enfuit et c’est en Islande qu’il trouve enfin la liberté et l’égalité avec les autres hommes.

L’anthropologue Gisli Palsson retrace avec précision ce parcours hors norme tout en brossant le tableau d’une société en transition. Son livre est particulièrement éclairant sur les ambiguïtés d’une période où l’on commence à remettre en cause la traite, mais sans renoncer à la possession des esclaves.

Le Filet (Reykjavik noir, tome 2), de Lilja Sigurdardottir, Traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün, Éd. Métailié, 314 p., 21 €

L’histoire débute aux États-Unis. L’élégante et sophistiquée Sonja, rencontrée pour les plus chanceux dans Piégée, le tome 1 de cette trilogie (chez le même éditeur), vit désormais dans un camping californien avec son petit garçon pour échapper à son ex-mari, un avocat véreux et violent dont elle s’est séparée.

Ce dernier la retrouve et la rapatrie de force en Islande où il passe un marché avec elle. Si elle veut continuer à voir leur fils, elle doit continuer à transporter des valises de drogue d’un aéroport à l’autre comme elle le faisait jusque-là avec une efficacité légendaire. Elle accepte, bien décidée toutefois à retourner la situation à son avantage. Confiante, elle échafaude un plan.

Le temps de s’organiser elle renoue à contrecœur avec l’encombrante Agla. Cette ex-banquière spécialiste de l’évasion fiscale et des détournements de fonds en pince pour Sonja depuis leur aventure dans le premier tome. L’intrigue de ce thriller urbain noir, rock et décoiffant est remarquablement menée, avec du suspense et des rebondissements à revendre et deux héroïnes atypiques à défaut d’être vraiment sympathiques.

Passage des ombres (Trilogie des ombres, tome 3), d’Arnaldur Indridason. Traduit de l’islandais par Éric Boury, Éd. Métailié, 302 p., 21 €

Dans un quartier de Reykjavík, un vieil homme est retrouvé étouffé. Pour l’ex-inspecteur de la police islandaise Konrad qui supporte difficilement la retraite, cette histoire sera l’occasion de reprendre du service. Chez la victime, il découvre des coupures de presse sur le meurtre d’une jeune couturière dans le passage des Ombres en 1944, pendant l’occupation américaine. C’est le point de départ d’une trépidante et passionnante enquête (la troisième dans ce quartier populaire des Ombres) avec des allers et retours dans le temps.

Confinés : Nous aussi on a droit au télétravail

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Tous les parents le savent. En ces temps de confinement, il n’est pas toujours aisé de mener de front vie professionnelle et personnelle. Surtout lorsqu’il faut s’occuper des enfants et du suivi de leur scolarité.

Mes gaillards, 9 et 12 ans, sont assez autonomes dans l’ensemble mais comme tous les enfants, ils savent profiter des situations qui se présentent. Ainsi. Ils ont parfaitement conscience que je suis très occupé et que je ne peux pas les surveiller en permanence, alors ils en profitent.

Ce matin je leur avait demandé de se mettre à leur devoirs avant de jouer avec leurs jeux vidéos. Ils ont fait comme s’ils m’avaient pas entendu se contentant d’un petit oui oui collectif.

Je suis remonté dans mon bureau et me suis remis à mon travail bien pas vraiment convaincu d’avoir été entendu. Et effectivement, en redescendant discrètement une heure plus tard, j’ai trouvé mes lascars entrain de jouer avec la console, les yeux rivés sur l’écran de la télévision.

Hé, je ne vous avais pas demandé de vous mettre à vos devoirs? Vous n’êtes pas en vacances.

On sait papa. Attend on fini la partie et on s’y me répond le plus grand sans jamais quitter l’écran des yeux…

Tout de suite… je ne le répéterai pas.

ok, soupirent-ils en cœur tout en éteignant l’écran. C’est vraiment injuste, pourquoi nous on a pas le droit aux RTT et au télétravail comme toi? C’est pas normal, râle le plus petit en sortant ses cahiers…

Confinés : Et si on faisait le tour du monde des insolites?

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De la Nouvelle-Zélande, où la délation se porte bien, aux balcons de Dubaï en passant par la Russie, les Etats-Unis, l’Australie… petit tour du monde du confinement

En Nouvelle-Zélande, la délation se porte (trop) bien. Comme dans de nombreux pays sur la planète, la Nouvelle-Zélande  (cinq millions d’habitants) a récemment fait le choix du confinement pour lutter contre la propagation de qui vous savez. Pour quatre semaines avec des consignes à respecter. Pour  signaler les éventuelles violations de ces dernières, le gouvernement a créé un site internet où les bons citoyens peuvent dénoncer les mauvais.  

Ce site a rencontré un tel succès (4 200 signalements) qu’il a planté quelques heures seulement après sa mise en ligne. Pour le chef de la police néo-zélandaise «Cela montre à quel point les Néo-Zélandais sont déterminés à ce que tout le monde respecte les consignes.»

Un marathon sur un balcon : La pandémie ayant bouleversé le calendrier des compétitions sportives dans le monde et limité les possibilités d’exercer des activités sportives en plein air, certains sportifs rivalisent d’imagination pour assouvir leur passion. Un couple  sud africain confiné à Dubaï a couru un marathon sur le balcon de leur  appartement.  Collin Allin, 41 ans, et son épouse Hilda onont parcouru 42,2 km en effectuant plus de 2100 allers-retours sur leur balcon d’une vingtaine de mètres de long. La distance a été parcourue en 5 heures, 9 minutes et 39 secondes. 

Près de Toulouse, sur un balcon de 7 mètres de long, un homme de 32 ans a fait plus de 6 000 allers-retours, encouragé par ses followers sur instagram. Une course qui a duré plus de six heures.  Un autre coureur a fait 727 fois le tour de sa terrasse, bouclant les 42,2 kilomètres en un peu plus de cinq heures sous les applaudissements des voisins. 

Un pourboire de 10 000 dollars: Aux États-Unis,  un homme a laissé dans un restaurant un pourboire de 10 000 dollars que les 20 employés de l’établissement se sont partagé avant d’être licenciés le lendemain en raison de la pandémie de coronavirus. 

Des aimants plein les narines: Un astrophysicien australien qui, pour tuer le temps pendant son confinement lié au coronavirus, cherchait à inventer un collier prévenant les contaminations, a fini à l’hôpital avec des aimants plein les narines. Ce chercheur à l’Université Swinburne de Melbourne, tentait de créer un dispositif émettant un signal quand on approche ses mains trop près de sa bouche. C’est en se frottant le nez que ce dernier s’est retrouvé avec des aimants dans les narines qui se sont refermées en pinçant sa cloison nasale. Le chercheur  aurait passé plus d’une heure à tenter de les retirer avant que sa compagne radiologue n’arrive à le convaincre d’aller à l’hôpital de Melbourne où elle exerce. 

Il apprend à conduire à son chien : Il y a quelques jours, les policiers de Seattle, dans le nord-ouest des États-Unis  reçoivent  le signalement d’une voiture  ayant heurté d’autres véhicules sans s’arrêter et roulant en zig-zags à plus de à près de 160 km/h. Lorsque les policiers parviennent l’arrêter le chauffard, ils se rendent compte qu’à la place du conducteur se trouve un pitbull. Son propriétaire assis côté passager, tourne le volant et actionne les pédales. Cet homme d’une cinquantaine d’années, sous l’influence de stupéfiants, explique aux forces de l’ordre qu’il tentait  d’apprendre à son chien à conduire.  

En Russie on fait l’amour : Les parcs, restaurants et musées étant fermés, les Russes ont plus de temps à consacrer à leurs proches. Pendant la première semaine de confinement, du 14 au 17 mars, les ventes de préservatifs et de lubrifiants se sont envolées de respectivement 147% et 124% sur Ozon, l’«Amazon russe». Même chose pour la lingerie et les tenues érotiques, notamment celui … d’infirmière dont les ventes ont été multipliées par 3.

Confinés : Mais qu’est-il devenu ?

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Je connais rien de lui. Nous nous sommes croisés un lundi soir dans le TGV qui me ramenait chez moi. Il allait voir son frère jumeau à Mulhouse. J’ai pensé à lui et me suis demandé ce qu’il était devenu…

La scène se déroule avant le grand chambardement, un lundi soir à bord du TGV entre Paris et Mulhouse. Il est vingt et une heure, le train est à l’arrêt en gare TGV de Besançon. La plupart des usagers sont descendus. Rares sont ceux qui montent à bord à cette heure tardive. Et pourtant.

Un vieux monsieur long et sec, coiffé d’un béret, s’arrête à ma hauteur. Il sent l’eau de Cologne et le tabac froid. Ses grands yeux bleus demandent de l »aide.

Bonjour, Je suis bien dans la voiture 8?

Oui, c’est bien la voiture 8.

Je cherche la place 44. Je la trouves pas…. Il me tend son billet. Ses mains tremblent. J’espère que je ne me suis pas trompé de train ?

Vous allez où?

Mulhouse

C’est le bon train. Installez-vous où vous voulez. Tout le monde est descendu.

Vous croyez? Je ne voudrais pas avoir des ennuis.

Croyez-moi, le contrôleur passe rarement. Le train nous appartient…

Il se glisse péniblement en face de moi, alors que le train démarre, et se retrouve l’espace d’un instant à cheval sur l’accoudoir séparant les deux sièges. Son complet, trop juste au niveaux des bras et des jambes, amplifie le grotesque de la scène.  Une fois installé, il s’éponge le front avec un grand mouchoir en tissus qu’il a sorti de sa poche en se contorsionnant. Une fois terminé, il le replie soigneusement avant de la remettre dans sa poche en se contorsionnant une fois de plus.

Il soupire, les deux mains calées sur ses cuisses et me demande si je suis bien sûr que ce train va à Mulhouse. Je lui confirme en lui expliquant que je le prends tous les jours ou presque. Il n’a pas l’air de vraiment m’écouter. Ces mains ne tremblent plus.. Il semble absorbé pas le nuit qui défile. Son visage anguleux se reflète dans la vitre strié de néons. Soudain, des larmes argentées perlent sur ses joues.

Tout va bien ?

Oui… me dit-il en essuyant son visage d’un revers de manche tout en reniflant bruyamment. J’avais jamais voyagé en TGV. C’est confortable… Je vais voir mon jumeau. Il habite à côté de Mulhouse. A Rixheim. Vous connaissez ?

De nom.

C’est là que je suis né, il y a 82 ans aujourd’hui…

J’allais lui souhaiter joyeux anniversaire lorsqu’il ajoute : La dernière fois qu’on s’est vu, c’est à l’enterrement de papa en septembre 1962. Depuis nous ne nous parlons plus.

J’ai perdu ma femme l’année passée. Nos fillesvivent dans le sud. Elles remontent rarement. Je vis seul. Après silence que quelques longues minutes, il poursuit le regard toujours tourné vers la fenêtre : Ya pas, faut qu’on s’explique. Ce n’est pas possible de continuer comme cela. Tout ça pour une histoire de terrain. C’est trop bête…

Je l’écoute, pas vraiment certain qu’il s’adresse à moi ou a son reflet dans la vitre.

L’arrivée en gare de Belfort étant imminente, je me lève. Il me regarde. Me demande si nous arrivons à Mulhouse.

C’est Belfort. Mulhouse c’est l’arrêt suivant. Le terminus.

Ah bon. Il me tend la main.

Je la lui serre en lui souhaitant bonne chance. Il me remercie et me souhaite une bonne soirée avant de replonger ses yeux humides et mélancoliques l’obscurité.

Confinés : Et si on se faisait peur !

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Contrairement à ce qu’affirment certaines personnes, la peur est bonne conseillère. Et elle peut facilement et gratuitement vous aider à tuer le temps en ces temps de confinement. Ces ressources sont inépuisables.


La matière première dans le domaine est abondante, le plus souvent gratuite. Vous pouvez même la fabriquer vous-même, sans trop d’effort. Attention, avant de vous lancer, une petite mise en condition, un échauffement, est souhaitable histoire de ne pas vous blesser… Avant de vous confier ma méthode, je tiens à préciser que je n’ai aucune qualification dans ce domaine. Je décline donc toute reponsabilité en cas de problème…

Echauffement : vous êtes dans votre lit. Votre portable vient de sonner. Il est l’heure de se lever. Éteignez-le et basculez sur le moteur de recherche de votre choix où vous avez créé une alerte Coronavirus ou Covid-19 bilan.

Commenccez à lire les chiffres. Le nombre de morts dans le monde, pays par pays, puis vous basculez en France avant de finir (façon de parler) dans votre région… Gardez toujours à l’esprit que l’on vous ment, que ces chiffres ne sont que la partie visible de l’iceberg. Que l’on vous cache la réalité, la vérité. On, c’est qui vous voulez Emmanuel Macron, les gouvernements chinois, russes, Israël, les lobbys phamaceutiques, ou mieux encore les migrants,… Vous avez l’embarras du choix.

Vous pouvez, selon votre niveau, relire trois ou quatre fois cette liste avant de vous lever, et d’alumer le poste de radio ou de télévision. Choisissez une chaîne d’info en continu. Et tenez-bon. Vous pouvez prériodiquement retenir votre souffle… Comme à la piscine… en tentant de de tenir le plus longtemps possible, sans jamais cesser de regarder les images qui passent en boucle.

Vous êtes chaud (ou mûr!) Prêt pour les réseaux sociaux. Connectez-vous et visionnez ces adorables videos où des spécialistes comme vous et moi révèlent au monde ce que l’on nous cache.

Si vous n’êtes pas familier des réseaux sociaux, allez sur des chaînes comme You Tube. Tapez : Covid-19 ou Coronavirus ce que l’on vous cache ou les vrais chiffres et vous serez comblés… Petit rappel, il est important d’écouter ces vidéos jusqu’au bout. Les révélations sont toujours à la fin. Choisissez les plus populaires (en vues) et imprégnez-vous des commentaires qui accopagnent ces vidéos. De salutaires temps de récupération.

Une fois de plus, la longueur de la séance dépend de vous. Mais il convient d’y aller franchement, sans la moindre modération en abusant du café. Sous peine de commencer à douter. Le doute, la remise en question de ce que vous entendez, lisez est votre pire ennemi.

Dernier petit conseil : en fin de séance, offrez vous une longue séance de pensée négative… et une overdose de séries sur le site de streaming de votre choix, cela ne fera qu’accentuer l’efficacité de vos entraînements quotidiens.

Confinés : Et si nous dénoncions nos voisins

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Lectures, séries télévisées, expositions virutelles, séances de sport adaptées… Depuis le début du confinement, nous sommes nombreux et nombreuses à parager des idées pour nous rendre le confinement plus agréable.

Une activité à pratiquer en famille…

Depuis le 16 mars, date historique du confinement de la population, on ne peut plus ouvrir une page internet sans tomber des propositions (plus ou moins heureuses!) destinées à nous rendre ce moment moins pénible.

Ma suggestion du jour est une activité complète qui vous occupera de longues heures, de jour comme de nuit. Une activité pratiquable avec les enfants, les amis et les grands parents, voir même en réseau et reconnue bénéfique pour la santé (des études scientifiques récentes montrent qu’elle libère des endorphines!). Certains parlent même de tradition française ou de sport national. Un label serait à l’étude… Une AOC… Appellation d’Origine Contrôlée…

En attendant que cela se fasse, je vous invite à pratiquer sans retenue la délation.. Pour cela il vous faut dans l’idéal des voisins, sinon une rue ou route passante, une fenêtre (la plupart des maisons modernes en sont équipées), une chaise (ou un fauteuil) un petit calepin, en gros de quoi noter vos observations et l’heure à laquelle elles ont été constatées (terme officiel et reconnu par les autoritées). Ne l’oubliez jamais, la précision fait la qualité de cet art. Par la suite, vous pouvez, bien entendu vous équipez d’une paire de jumelle, d’une caméra, et monter en gamme petit à petit. Il n’ y a logiquement aucune limite sinon votre budget… Mais sachez que plus c’est artisanal plus cela est gratifiant…

Il vous faudra ensuite un téléphone ou un ordinateur (le courrier n’étant plus vriament assuré) pour faire suivre vos rapports… A ce sujet, évitez d’appeler le 17 pour faire par de vos observations. Ce standard n’est pas prévu pour gérer ce type d’informations tout aussi intéressantes fussent-elles. Une précision inportante lorsque l’on apprend que depuis le début du confinenment, les appels de ce genre se multiplient de manière exponentielle. En partiuculier après l’annonce de nouvelles mesures.

Le Centre opérationnel de la gendarmerie de Privas «a reçu près 600 appels par jour au début du confinement» du genre : « Mon voisin discute avec beaucoup de gens et ne respecte pas le confinement» ou «il y a trop de monde chez mon voisin». «Il y a toujours un pic quand il y a des annonces de nouvelles mesures par le gouvernement. Aujourd’hui, ça tourne autour de 300, » précise encore un représentant de ce centre opérationnel qui tient toutefois a rappeler que signaler des rassemblements ne «sont pas de la délation, mais de la dénonciation, parce que derrière il y a un intérêt sanitaire et donc général». Dénonciation ou délation… comme je vous le disais la délation est un art qui demande entre autre du discernement et pourquoi par un numéro dédié comme le 3945…

Confiné, quand faut aller faire ses courses

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Les jours se suivent et se ressemblent : télétravail, cours aux enfants, cuisine, provisions de bois de chauffage, ménage, sport.. Avec le moins souvent possible, une sortie en zone de guerre, pour aller à la chasse aux victuailles…

Les jours se suivent et se ressemblent : le virus et encore le virus… Ce salopard sans foi ni loi, poursuit sa course meutrière gagnant vitesse et ‘intensité. Il y a quelques jours je ne connaissais personne l’ayant contracté. Ce n’est plus le cas. Il se rapproche. Il mute. Alors pour tenter de s’en préserver et de venir grossir les statististiques on reste à la maison…

Toutefois il faut de temps à autre faire de sorties en « zone de guerre » (selon l’expression de notre président!) pour y « effectuer des achats de première nécessité dans un établissement autorisé » muni de sa nouvelle déclaration.

J’ai fait ma première sortie depuis le début du confinement hier en fin de journée. En parcourant la vingtaine de kilomètres me séparant de la petite ville la plus proche de mon village, je n’avais jamais, de ma vie, croisé ou vu aussi peu de monde.

Sur le parking du supermaché, il n’y a que cinq voitures, toutes garées loin les unes des autres. A l’intérieur, le personnel est masqué et ganté, l’inquiétude est palpable dans leurs yeux et leurs attitudes…

Je n’ai vraiment pas envie de rester ici trop longtemps. Je prends ce dont j’ai besoin et me dirige vers une caisse qui vient de se libérer.

Bonjour, lance la femme derrière son masque.

Bonjour. Pas trop dfficile ?

Si. Je prends sur moi pour venir, dit-elle en scannant mes articles d’un air résigné.

Le plus dur à avaler, c’est l’attitude de certaines personnes, poursuit-elle.

C’est-à dire?

Comme cette dame, précise-t-elle, en désignant une femme accompagnée de deux très jeunes enfants qui déambule tranquillement dans le rayon des cosmétiques.

Une telle inconscience me met hors de moi, dit-elle.

Je vous comprends. Elle fait courrir des risqes incensés à ces petits… Elle a peut-être personne pour les garder.

Il y a toujours des solutions, je vis seule avec mes enfants, j’en trouve tous les jours pour venir travailler. En attendant, c’est surtout à nous, qu’elle fait courir des risques, s’emporte-t-elle. Si vous ne le savez pas encore, les enfants sont parfois porteurs du virus sans être malades. Qu’ils restent chez eux…