Bighorn trail

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  • Brazeau river, 19 heures 30

Deux cavaliers, quatre chevaux.  Dont deux de bâts. L’homme n’en espérait pas tant. Des gardiens du parc de Jasper en patrouille. Il déteste les types dans leur genre, avec leur air condescendant et leur uniforme. Ces deux là sont très jeunes. Du lait coule encore de leurs nez. On les dirait clonés : Blonds, élancés, rasés de près, à l’exception d’une fine moustache.  

L’homme les laisse approcher. Il sourit, les deux mains jointes sur le pommeau de sa selle tenant fermement les rênes en cuir tressé.  Il se redresse comme pour vérifier que son Ruger Red Hawk 44 magnum en bandoulière est toujours sous sa veste. Sensible au mouvement de son bassin, son cheval se met aussi tôt à danser sur place d’un antérieur sur l’autre, secouant sa tête d’avant en arrière faisant claquer en rythme, les rênes et la chaine de son mors de bride.  

Les deux cavaliers avancent au pas. S’arrêtent à quelques mètres de lui, maintenant toutefois leurs montures à une distance respectable. L’homme remarque qu’ils ont été ferrés récemment. Les clous qui ressortent de chaque côté de leurs sabots sont parfaitement rivés et alignés.

Le clone de droite remonte la visière de son chapeau de service de l’index et salue l’homme.  Celui de gauche le scan de ses yeux bleus gris, de la tête aux pieds. L’air suspicieux. Que fait ce type ici, à cette saison, sans cheval de bât et fusils, semble-t-il se demander… Est-il seul ? Il scrute les environs sans piper mot comme s’il cherchait une réponse à sa question parmi les pins de lodgepole.

Vous venez d’où comme ça ? demande le clone de droite.

Je campe le long du Brazeau, répond l’homme en indiquant le nord de la pointe du menton.

Vous êtes seul ? lance alors le clone de gauche d’une voix légèrement éraillée.

Vous voyez quelqu’un d’autre ?  sourit froidement l’homme. Puisque nous en sommes aux questions, que font deux gardiens du parc en dehors de leur sphère d’intervention ?

Nous sommes habilités à contrôler les zones limitrophes, répond le clone de droite sur la défensive. Au même titre que les agents de la Fish and wildlife.  Vous êtes chasseur ?

Vous voyez une arme ? Sourit l’homme.

Elle pourrait être à votre camp de base… suggère le clone de gauche. Rares sont les personnes qui se baladent à cette saison sans fusils… C’est l’automne, poursuit-il, les ours sont affamés. Ils cherchent la moindre source de nourriture avant d’hiberner… Les camps de chasseurs les attirent tout particulièrement.   

L’homme se contente de sourire se demandant si cet abruti sentencieux se moque de lui ou entend lui faire un exposé complet sur la vie des ours. Son agacement monte mais il ne laisse rien paraître. Un gardien du parc favorable aux armes à feu. On croit rêver. S’ils savaient ce qu’il porte sous sa veste, il ferait moins le malin… Il va pouvoir le vérifier bientôt.

(A suivre)

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